Paris : le plus grand orgue d’Europe (250989)
Paris, 25septembre(APIC) Evénement musical exceptionnel jeudi 21 septembre à Paris : le grand orgue de Saint-Eustache - le plus grand d’Europe - a
repris du service après douze ans de silence, à l’occasion d’un concert
donné par Jean Guillou, son titulaire, en prélude à un festival d’art sacré. Le concert a été retransmis sur grand écran en stéréophonie, en présence du cardinal Lustiger qui a béni l’orgue.
L’histoire de Saint-Eustache est intimement liée à celle de la musique :
Lulli s’y maria, Rameau y fit ses adieux à l’orgue, Mozart y pleura sa
mère, Berlioz y dirigea son Te Deum. Depuis, des générations de mélomanes
ont fréquenté les concerts auxquels l’église des Halles doit sa réputation
musicale. Ses orgues se sont tues en 1977, laissant les choeurs de
Saint-Eustache seuls gardiens de la tradition.
Titulaire du grand orgue depuis 1963, Jean Guillou retrouve aujourd’hui
un instrument méconnaissable. Sans rien trahir ni du lieu, ni du buffet
dessiné par Baltard, le nouvel instrument a été conçu pour redevenir outil
de la pensée moderne organistique.
Pour y parvenir, la mairie de Paris n’a pas hésité à lancer un appel
d’offres international - une première en la matière -, et c’est la maison
Van den Heuvel de Dordrecht (Pays-Bas) qui a été retenue pour mettre au
point le plus grand orgue d’Europe avec ses 401 jeux - soit 8’000 tuyaux
répartis sur 147 rangs sur 18 mètres de haut : un édifice de la taille d’un
immeuble de six étages élevé à la plus grande gloire de Dieu et de la
musique.
Les vertus de l’électonique
On retiendra surtout l’arrivée de l’électronique dans cet impressionnant
univers mécanique. L’orgue peut en effet être joué depuis deux consoles,
indépendamment ou simultanément, l’une en tribune, à transmission
mécanique, l’autre dans la nef, reliée électroniquement à la console de
tribune.
A cela, toutes sortes d’avantages : pour le compositeur, celui d’écrire
des oeuvres plus complexes (à quatre mains et quatre pieds); pour le
mélomane, celui d’une approche plus "charnelle" de la musique pour orgue, à
travers la présence physique de l’organiste au milieu des spectateurs.
Les frères Van den Heuvel n’appartiennent pas à une lignée de facteurs
d’orgue, mais leur commune passion pour cet instrument les a conduits à
créer une entreprise qui a déjà à son actif une quarantaine de réalisations
en Europe. Pour "monter" l’orgue de Saint-Eustache, il leur a fallu deux
ans et demi de travail et la construction toute spéciale d’un hangar en
Hollande. Quatre mois durant, douze ouvriers néerlandais ont procédé à la
mise en place de l’orgue dans l’église. (apic/pnd/bd)