Paris: lancement d’une campagne oecuménique (280992)
"S’unir pour dire oui à l’espoir"
Paris, 28septembre(APIC) "L’accueil de l’étranger constitue pour notre
société un défi urgent et vital". Le Conseil d’Eglises chrétiennes en France (CECEF) a décidé de relever ce défi en s’engageant dans une campagne oecuménique: "Accueillir l’étranger", une initiative de la CIMADE (service
oecuménique d’entraide) et de la Commission épiscopale des migrations.
Cette campagne entend sensibiliser et mobiliser le public autour des valeurs fondamentales de solidarité et d’accueil de l’étranger. Les trois coprésidents du CECEP, Mgr Joseph Duval, archevêque de Rouen, Mgr Jérémie,
président du Comité inter-épiscopal orthodoxe de France, et le pasteur Jacques Stewart, président de la Fédération protestante, étaient présents à la
conférence de presse organisée lundi à l’occasion du lancement de la campagne.
Une centaine d’Eglises et de mouvements chrétiens ont décidé de s’associer à cette action: l’Association des chrétiens pour l’abolition de la
torture (ACAT), le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD), la Commission Justice et Paix, la Fédération protestante de
l’enseignement, la paroisse des saints Pierre et Paul (orthodoxe). Tous
ceux qui ont ressenti l’urgence d’entreprendre une démarche résolument positive autour de la question plus que jamais d’actualité: "accueillir
l’étranger".
Le retour du racisme
On assiste, depuis quelque temps, à un retour des théories et des actions xénophobes et racistes: les petites phrases de certains hommes politiques français, les "50 thèses" du Front National sur l’immigration, l’insécurité croissante vécue par les étrangers tant en France qu’en Allemagne,
autant de facteurs qui résonnent comme des sonnettes d’alarme. Dans
l’esprit des initiateurs du projet, il s’agit de lancer un grand débat public sur ce "qu’accueillir l’étranger" signifie au plan théologique, économique, social, ethique, culturel, en même temps qu’au plan des relations
entre le Nord et le Sud. Un débat prévu sur six mois, de septembre 1992 à
avril 1993. Il prendra des formes différentes selon les lieux: groupes de
réflexion dans les paroisses ou les mouvements, colloques, tables rondes,
célébrations liturgiques, temps de prière oecuménique, actions concrètes.
Une initiative oecuménique
Le pasteur Jacques Stewart a rappelé que "la Bible évoque l’étranger
comme signe de la présence mystérieuse et questionnante du Seigneur lui-même". Dans la Bible, a-t-il poursuivi: "L’étranger est l’objet de la gratuité de Dieu, le signe de la fidélité de Dieu qui s’est fait un peuple libre
à partir de migrants". Pour Mgr Jérémie, il est important de valoriser le
principe d’accueil car il est "la base spirituelle de notre caractère chrétien". Il voit dans cette campagne une occasion de travailler ensemble en
mobilisant les chrétiens, toutes confessions confondues, sur un sujet qui
les préoccupe. "Nous en avons les moyens et la force spirituelle", a-t-il
conclu. Quant à Mgr Joseph Duval, il a signalé la publication prochaine
d’un document pontifical intitulé: "Réfugiés: un défi à la solidarité".
"Pas un programme préfabriqué"
Geneviève Jacques, secrétaire générale de la CIMADE, a précisé les objectifs de la campagne: Il s’agit d’une mobilisation décentralisée pour engendrer une réflexion sur la présence des étrangers, amener des débats publics et s’engager dans des actions qui valorisent ce qui se fait déjà sur
place, en même temps que faire naître d’autres actions. Jean-François Berjonneau, de la Commission épiscopale des migrations, a mis l’accent sur
"les ressources locales": le témoignage de ceux qui font l’expérience qu’il
est possible et enrichissant de vivre ensemble d’une part et les sources
bibliques, théologiques et spirituelles qui donnent force à cette démarche.
L’initiative du type d’actions sera laissée aux équipes qui se constitueront sur le terrain. Elles sont oecuméniques et pluriculturelles. "Nous
ne proposons ni un programme préfabriqué, ni des solutions toutes faites,
nous engageons les chrétiens à relever le défi", a précisé Geneviève Jacques.
Le moment est venu pour les chrétiens d’occuper le terrain de la solidarité. Il s’agit de renvoyer chacun à sa responsabilité dans la cité pour
que l’étranger y trouve sa place. (apic/ecl/ba)