Paris: la pensée sociale de l’Eglise face à l’entreprise (250291)
Paris, 25février(APIC) Pour marquer le centenaire de l’encyclique "Rerum
Novarum", la première encyclique sociale de l’Eglise, promulguée par Léon
XIII le 15 mai 1891, l’Union internationale chrétienne des dirigeants d’entreprise (UNIAPAC) a demandé au Père jésuite Philippe Laurent et à Emmanuel
Jahan de rassembler les textes qui durant un siècle ont nourri la pensée
sociale de l’Eglise. Leur ouvrage, "Les Eglises face à l’entreprise", dresse un tableau de l’évolution de la pensée chrétienne parallèlement aux
grands événements sociaux, politiques ou économiques du XXe siècle et souligne sa continuité dans l’affirmation du primat de la personne humaine.
"Les Eglises face à l’entreprise", publié dans la Collection "Les Dossiers de la Documentation Catholique", dégage les thèmes majeurs de la doctrine de l’Eglise catholique dans le domaine social: la nature juridique de
l’entreprise, le juste salaire, les conditions de travail... Il réunit en
outre les grands textes de l’Eglise sur ce sujet: encycliques, textes conciliaires, discours occasionnels des papes et documents épiscopaux.
L’ouvrage met en évidence la continuité de la pensée de l’Eglise en matière sociale, qui se développe suivant trois axes: la justice sociale, la
recherche du bien commun et le rôle des corps intermédiaires. Les entreprises, considérées comme des instruments au service de l’homme, n’occupent
qu’une place modeste dans les textes rassemblés. Il faut attendre Jean Paul
II pour que l’accent soit mis sur la fonction sociale de l’entreprise, le
rappel de sa dimension morale et la valeur du travail: ses textes contiennent plusieurs mises en garde contre le risque d’idolâtrer l’efficacité et
la rentabilité.
Une pensée sociale en décalage avec la réalité
Une table ronde organisée par le CFPC (Centre français du patronat chrétien) le mois dernier à Paris a de son côté mis en évidence l’inflexibilité
des orientations éthiques de l’Eglise et la prudence de ses analyses économiques. Si l’Eglise fait preuve d’une remarquable continuité de pensée, elle tarde à prendre en compte les bouleversements du monde et les nouvelles
questions qui se posent aux hommes, d’où un écart, constaté par le CFPC,
entre sa pensée sociale et la réalité quotidienne des entreprises aujourd’hui: la fonction publique et le rôle de l’entreprise ne sont pas pris
en compte de même que le rachat et la vente d’entreprises, la concurrence
internationale et la protection de l’environnement. (apic/pnd/cor)