Paris : la Fraternité Monastique (300789)
Paris, 30juillet(APIC) Dans son dernier numéro, l’hebdomadaire "Paris
Notre-Dame" présente la vie d’une communauté peu ordinaire : la Fraternité
Monastique de Jérusalem. Loin de la campagne, un désert est crée et en silence, la communauté porte Paris dans la prière. Le Père Pierre-Marie Delfieux est le fondateur de cette communauté nouvelle : "il m’a semblé que le
vrai désert était au coeur des villes". Le paradoxe n’est qu’apparent :
"Les mégapoles sont un lieu de solitude et d’anonymat où il faut faire naître une oasis : les citadins ont faim et soif d’essentiel. Nous circulons
peu dans Paris, mais nous entendons ses cris, les klaxons, le bruit, nous
percevons la foule. Nous prions pour elle", déclare le Père Delfieux.
Le Père Delfieux a été aumônier à la Sorbonne et au Grand Palais pendant
sept ans. Il s’est retiré deux ans dans le désert de l’Assekrem, à
l’ermitage du Père de Foucauld. Là-bas est née et a mûri l’intuition de
fonder une communauté de moines dans les villes. De retour à Paris, il a
vécu comme un ermite pendant un an. A la Toussaint 1975, la Communauté voit
le jour. En 1989, elle compte une vingtaine de Frères et une trentaine de
Soeurs à Paris, Blois et Marseille.
Une petite salle très claire accueille les visiteurs. Au mur, un plan de
métro attire le regard et rappelle la vocation de la Communauté de
Jérusalem : être un désert au coeur de la cité.
Comme chez les moines et moniales, la liturgie est prioritaire dans la
Fraternité : "C’est notre premier métier, nous sommes là pour louer Dieu".
Une liturgie très belle et très profonde, au carrefour de l’Orient et de
l’Occident.
La Fraternité de Jérusalem est une communauté mixte, mais les Frères et
les Soeurs sont indépendants. Ils ont chacun leur prieur(e), leurs locaux,
leur réfectoire et se retrouvent pour les offices et quelques
enseignements. Le matin, ils sont des parisiens comme les autres, ils
prennent le métro, le RER, le train de banlieu pour exercer une profession.
Ils ont choisi le travail à mi-temps pour gagner de quoi vivre, assurer la
location de leurs logements car la Communauté ne veut pas être
propriétaire.
L’après-midi, ils revêtent le froc monastique de couleur bleue ardoise.
C’est l’heure de la cellule, de la prière personnelle, de l’enseignement,
de l’étude, le retour au désert intérieur. (apic/mg)