Paris : la FIVETE toujours au centre des discussions (150188)
Paris, 15janvier(APIC) Après la rencontre le samedi 9 janvier à Rome entre les responsables des Universités catholiques pratiquant la fécondation
in vitro (FIVETE) et les autorités vaticanes, les problèmes de bioéthique
sont plus que jamais d’actualité. Le Père Olivier De Dinechin, jésuite,
délégué de l’épiscopat français pour les questions de morale concernant la
vie humaine, a apporté sur cette question jeudi soir à Paris l’éclairage du
théologien et du bioéthicien. Il a notamment souligné que la discussion
n’était pas aussi fermée que l’on pouvait le penser.
Le Père de Dinechin souligne d’abord que l’Eglise encourage la recherche, mais la soumet à des impératifs éthiques : toute recherche n’est pas
bonne. Les directives romaines retardent donc momentanément la recherche,
mais n’impliquent pas un renoncement; elles peuvent permettre de découvrir
d’autres axes de recherche, de développer d’autres filières pour remédier
aux problèmes de la stérilité. Le grand péché, rappelle-t-il, c’est la convoitise, la volonté de s’emparer du don de Dieu.
En matière de recherche médicale, il s’agit à la fois de recevoir et
d’être actif, tout en respectant certaines limites. Or, l’homme se laisse
souvent prendre à l’image d’un Dieu qui convoite, alors que Dieu est un
Dieu qui donne. Quelle doit être l’attitude des couples vis-à-vis du document romain "Donum Vitae" concernant notamment les problèmes de fécondation
artificielle? L’Eglise, selon le théologien, appelle les couples stériles
chrétiens à chercher quel appel leur est demandé pour une autre fécondité
ou encore leur demande de faire le deuil de l’enfant désiré, le deuil,
c’est-à-dire un travail psychologique au bout duquel l’homme parvient à
vivre en l’absence de celui qui est très proche.
Un problème de conscience
Néanmoins, remarque le jésuite, si des couples ne comprennent pas qu’il
puisse y avoir un appel particulier de Dieu dans leur stérilité et estiment
en conscience qu’ils doivent recourir à la FIVETE, qu’ils le fassent. Le
critère de l’acte moral est d’être un acte pris par une conscience éclairée.
Concernant la partie du document romain "Donum Vitae" sur le respect de
la vie humaine naissante, le Père De Dinechin fait remarquer qu’il s’agit
là d’un document du magistère de très haut niveau, devant être pris en considération par la conscience chrétienne, sans que pour autant le texte ait
la valeur d’une encyclique par exemple. Ce qui, en dernier ressort, va être
déterminant, estime-t-il, c’est d’une part son degré d’autorité, d’autre
part les circonstances dans lesquelles il s’inscrit et enfin la constance
de cet enseignement dans l’histoire et la manière dont le document est reçu
par le peuple de Dieu. Dans ce cas précis, il s’agit d’un domaine nouveau
relevant de la recherche.
Dans "Donum Vitae", la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, prend
d’ailleurs des positions différentes selon les thèmes abordés : elle
réaffirme le respect dû à l’embryon humain et se montre ferme - soutenue en
cela par tous les épiscopats - sur sa condamnation de la fécondation
hétérologue. Quant à la fécondation homologue, elle utilise l’expression
suivante : "bien que chargée d’une moindre négativité éthique". Ce que
résume le Père De Dinechin par ces mots : "Il existe dans ce document des
’non’ majuscules et des ’non’ minuscules". Pour le théologien, le fait que
Rome accepte que la discussion continue avec les Universités catholiques,
notamment, montre que la situation n’est pas aussi fermée qu’on a pu le
penser. (apic/vb/be)