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    Paris : l’"invasion" d’une église par des intégristes (120393)

    et leur "délogement" par les forces de police provoquent des réactions

    Le point de vue de curé de l’église envahie

    Paris, 12mars(APIC) L’invasion dimanche de l’église de Saint-Germainl’Auxerrois, à Paris, par 300 intégristes, adeptes de Mgr Lefebvre, et leur

    expulsion quelques heures plus tard par 200 policiers - à la demande du curé de l’endroit avec l’assentiment du cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris -, continue de provoquer des polémiques en France. Les deux

    parties en conflit portent plainte.

    Le Père Michel Gitton, curé de la paroisse, a porté plainte contre X. En

    retour, l’abbé traditionnaliste Philippe Laguerrie, curé de Saint-Nicolasdu-Chardonnet, a indiqué qu’il allait porter plainte pour atteinte aux

    droits de l’homme contre Mgr Lustiger qui a autorisé le recours aux policiers (CRS).

    Le curé Gitton s’explique

    Dans une interview donnée jeudi au journal catholique "La Croix", le curé estime que les intégristes n’ont pas lâché prise. "Durant la messe de

    lundi soir, un petit commando est revenu s’installer ostensiblement au premier rang. Sans perturber l’office, mais pour bien montrer qu’ils ne lâcheront pas. C’est un peu la guerre des nerfs".

    Interrogé sur sa dénonciation de "l’irrespect des agitateurs intégristes", le curé de Saint-Germain-l’Auxerrois persiste: "Quand ils se sont

    installés dans l’église, rien de ce qui s’y trouvait n’était digne de respect. Des vases sacrés ont été bousculés. Quand ils ont célébré leur messe, les paroles les plus polémiques étaient rythmées par des applaudissements: Ils se disent traditionalistes, mais ils se conduisent dans une

    église commme dans un meeting politique. Enfin le plus affreux. durant la

    mêlée avec les CRS, ils ont continué à exposer le Saint-Sacrement à toutes

    les profanations. Ils ont pris Dieu en otage".

    "Pas de dialogue sous la pression et la violence"

    Quand on l’interroge pour savoir s’il n’a pas tenté de dialoguer avec

    les envahisseurs, le curé Gitton répond: "Je ne dialogue jamais sous la

    pression et la violence. J’ai continué à prier avec les fidèles présents

    autour de l’autel principal. A aucun moment ils ne sont restés maîtres de

    l’ensemble de l’église. Un de leurs messagers est juste venu me proposer un

    compromis: leur départ contre la promesse d’une messe selon le rite de Pie

    V tous les dimanches. Mais les quantités de nourriture qu’ils avaient emportés et la saisie des trousseaux de clefs ne laissaient planer aucun doute sur leurs intentions".

    Au sujet du choix de la paroisse Saint-Germain-l’Auxerrois pour le coup

    de force des intégristes, le curé tente une explication: "Saint-Germainl’Auxerrois est l’ancienne église des rois; peut-être cela fait-il vibrer

    la sensibilité royaliste de nombre d’entre eux. Mais s’il s’agit de corriger des dérives, la cible est mal choisie, car Saint-Germain-l’Auxerrois

    n’est pas une paroisse particulièrement progressiste", conclut l’abbé Gitton. (apic/cx/ba)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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