Le cardinal Casaroli l’affirme à la Conférence
sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE)
Rome, 20novembre(APIC) "Une constatation s’impose aujourd’hui: L’Europe
n’est prospère que pour quelques-uns, tandis que le sort de beaucoup dans
ce continent est plus que précaire et que l’avenir de plus d’un pays européen apparaît bien sombre. Une telle situation, en se prolongeant, pourrait
entraîner des peuples entiers au désespoir en les poussant vers le chaos ou
vers des choix totalitaires". Cet avertissement a été lancé à Paris au
cours de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE)
par le Secrétaire d’Etat du Vatican, le cardinal Agostino Casaroli, à la
tête de la délégation du Saint-Siège.
Dans son discours prononcé en français, le cardinal a souligné que "le
développement économique, non moins que celui des libertés politiques et
sociales et que celui du développement culturel, est essentiel à la tranquilité et à la sécurité intérieure des Etats, et donc aussi à la tranquilité et à la sécurité collective de l’Europe".
Mgr Casaroli a encore indiqué que l’"on vit à Paris un moment historique
pour l’humanité toute entière". Il a souligné qu’"une Europe des droits de
l’homme et des peuples" doit être réalisée et que "désormais, il est une
conviction qui traverse le continent: le respect de la dignité humaine est
le plus grand bien à poursuivre. Dans l’ordre moral, mais aussi en termes
d’obligations juridiques".
Les Etats baltes
Evoquant les conditions nécessaires à la sécurité et à la paix des peuples européens, le cardinal a mis l’accent sur le "respect du droit des
peuples à disposer d’eux-mêmes (spécialement lorsque des raisons historiques de justice fondent leurs aspirations à retrouver leur individualité
nationale et étatique)". Le Secrétaire d’Etat du Vatican a ajouté : "Je
pense ici en particulier aux Etats baltes".
Mgr Casaroli a aussi évoqué le devoir de solidarité de l’Europe: "Une
Europe qui vit dans l’aisance doit pouvoir remplir son devoir de solidarité
envers les autres parties du monde". La charte pour une nouvelle Europe
doit assurer la liberté culturelle et la liberté des échanges dans le respect du droit de chaque peuple à l’autodétermination. Mgr Casaroli a enfin
demandé que l’on réduise les armements, surtout les armes chimiques et que
l’on contrôle le trafic d’armes. (apic/jt/be/cor)