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    Document jugé en même temps timide et audacieux

    Paris: l’Eglise luthéro-réformée prend position sur l’homosexualité

    Paris, 24 février 2004 (Apic) La Déclaration "Eglise et personnes homosexuelles" du Conseil Permanent Luthéro-Réformé suscite des réactions opposées. L’association "David et Jonathan", qui regroupe des personnes homosexuelles chrétiennes, a fait part de sa déception quant à la timidité de ce texte. Pour sa part, l’Union Nationale des Églises Réformées Évangéliques Indépendantes en déplore l’audace.

    Le 12 février dernier, le CPLR (Conseil Permanent Luthéro-Réformé) a rendu publique la Déclaration "Eglise et personnes homosexuelles". Il y faisait état de son refus de procéder à la bénédiction de couples homosexuels et reconnaissait que l’homosexualité d’un ministre est un obstacle à son appel par une église locale. Mais il se déclarait favorable à un accueil inconditionnel des personnes homosexuelles au sein de l’Eglise en qualité de membres. En réaction, l’association "David et Jonathan" regrette que l’accueil "inconditionnel" des homosexuel-les soit lié à la discrétion de ceux-ci. "Jusqu’où ?" s’interroge "David et Jonathan". Cette association fait par ailleurs valoir que "les pasteur(e)s homosexuel-les sont renvoyé(e)s dans leur placard". Et de déplorer qu’ils "font l’affaire aujourd’hui à condition que l’on n’apprenne pas leur sexualité différente". Mais aussi que, "à aucun moment, les Eglises ne se sont interrogées sur la fécondité des homosexuel-les, sur ce qu’ils-elles pourraient apporter dans l’expression d’une foi collective, d’une vie de paroisse". David et Jonathan " accueille toutefois l’ouverture du CPLR.

    L’UNEREI déplore un certain relativisme du document

    De son côté, l’Union Nationale des Églises Réformées Évangéliques Indépendantes (UNEREI), membre de la Fédération protestante de France, a salué le caractère modéré du texte de la CPLR par rapport aux prises de position d’autres Eglises protestantes, d’Europe en particulier. Elle approuve les refus exprimés par le CPLR. Elle s’inquiète néanmoins "d’une perspective moins restrictive pour l’exercice d’autres types de ministères". Et fait part de sa crainte que "l’affirmation surprenante du caractère indifférent de l’orientation sexuelle des individus dépouille de sa force l’appel évangélique à la repentance-conversion et relativise l’importance spirituelle du statut de membre d’Eglise et de témoin de l’Evangile". Selon elle, ce relativisme "enlève toute raison fondamentale pour s’opposer durablement à la présence de ministres homosexuels et à la bénédiction de couples homosexuels".

    Les Églises Réformées Évangéliques Indépendantes (EREI) ont participé aux échanges qui ont débouché sur la création du CPLR au début des années 70, mais sans pour autant intégrer cette communion ecclésiale. Elles participent néanmoins avec les églises du CPLR à la vie des organismes missionnaires du DEFAP et de la CEVAA. Elles comptent une quarantaine de paroisses, principalement dans le sud de la France et en région parisienne, et regroupent environ 12’000 membres et sympathisants. (apic/jcn/bb)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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