Paris: l’Ecole libre appelle au respect de la justice (060492)
Paris, 6avril(APIC) 35’000 représentants des communautés éducatives de
l’enseignement catholique d’Ile-de-France se sont rassemblés dimanche à Paris à la Porte de Versailles. Ils ont réclamé des conditions de formation,
de recrutement, de salaire égales à celles de l’enseignement public. Ils
ont écouté aussi Mgr Thomas , évêque de Versailles, qui a rappelé les exigences chrétiennes dans l’enseignement catholique.
Selon les participants, l’avenir de l’Ecole libre est à nouveau menacé.
En dépit des promesses des différents gouvernements, trois points essentiels attendent toujours une réponse: l’avenir des enseignants et des établissements scolaires et le remboursement de la dette contractée par l’Etat
au niveau du forfait des externes. Enseignants, élèves, chefs d’établissements ont apporté des précisions sur la situation de l’enseignement catholique. De son côté Mgr Jean-Charles Thomas, évêque de Versailles, a rappelé
que l’Etat se devait de montrer le chemin en matière de civisme.
Prenant acte de la nomination de Jack Lang à la tête du Ministère de
l’Education et de la Culture, l’Union nationale des parents d’élèves de
l’Enseignement libre (UNAPEL) en a appelé au nouveau gouvernement pour que
soit enfin respectée la parité prévue par la loi entre l’enseignement public et l’enseignement privé. Il faut que des mesures concrètes soient prises très rapidement afin que l’enseignement privé sous contrat puisse remplir son rôle auprès des élèves qui lui sont confiés et auprès des enseignants qui désirent y travailler.
Egalité dans les conditions de travail
Depuis des années, les difficultés que rencontre l’enseignement libre
vont croissant, ont averti certains intervenants. Les enseignants ont des
conditions de formation, de recrutement, de salaire, de retraite et de statut défavorables par rapport à celles de l’enseignement public; ce qu’une
des intervenantes a ainsi résumé: "Serviteurs, Oui. Mendiants, Non". Dans
les villes nouvelles, les créations de poste sont insuffisantes voire inexistantes. Bien que ne faisant rien lui-même, l’Etat empêche les collectivités locales d’aider au niveau de l’investissement immobilier.
L’intervention d’un gestionnaire a permis de mettre en lumière un autre
aspect majeur de la question: le remboursement de la dette contractée par
l’Etat au niveau des forfait des externes. Cette dette s’élève aujourd’hui
à quelque 5 milliards de francs. "Devons-nous continuer à être les banquiers de l’Etat?", a-t-il demandé.
"Je reste à vos côtés"
Mgr Jean-Charles Thomas remplaçait Mgr Georges Soubrier, membre de la
Commission épiscopale du monde scolaire et universitaire, retenu par la
marche de l’Evangile. Il a déploré "le manque de civisme de la part du Ministère chargé de l’enseigner". Il en a tiré "quatre décisions compensatrices": L’heure est venue d’examiner avec lucidité et impartialité les silences, absences ou déficits de l’éducation catholique"; de mettre en oeuvre
"une pédagogie basée sur le civisme, le respect des engagements, l’honnêteté, le culte de la parole donnée, sans oublier deux caractéristiques fondamentales du disciple du Christ: le pardon et l’attention aux plus petits".
Il s’agit aussi, a ajouté l’évêque de Versailles, de mettre en place "un
enseignement sur les grandes religions, les philosophies et sagesses de
vie, et très particulièrement sur la personne humaine". Enfin il ne faut
pas oublier de s’investir pour qu’une pastorale de l’évangélisation soit
mieux précisée et plus réellement vécue dans les établissements catholiques. (apic/ecl/ba)