Un colloque intitulé "Le sacré en spectacle"
Paris, 19novembre(APIC) L’art sacré attire toujours artistes et spectateurs, comme l’a montré le colloque organisé à Paris par le quotidien "La
Croix" et l’aumônerie nationale des artistes samedi 17 novembre et placé
sous le thème: "Le sacré en spectacle". Il a rassemblé plus d’un millier de
personnes dans la salle du théâtre Renaud-Barrault, près des Champs-Elysées.
Le programme - résultat d’un an et demi de travail - était attirant: on
notait la présence des comédiens Michael Lonsdale, Henri Tisot, Alain Cuny
et Françoise Seigner, celles des metteurs en scène ou réalisateurs Robert
Hossein et Serge Moatti. Mario Botta, l’architecte de la future cathédrale
d’Evry, le Père dominicain Bernard Bro et le théologien orthodoxe Olivier
Clément participaient également au colloque.
Ces personnalités se sont succédé à la tribune pour débattre de la "réémergence du religieux" ou de "la liberté de l’artiste devant la foi", pour
lire des textes de Paul Claudel, de Charles Péguy, de saint Augustin et de
sainte Thérèse d’Avila ou pour apporter leur témoignage d’homme ou de femme
engagé dans l’art et dans la foi.
"Faut-il s’inquiéter de voir des non-croyants se saisir de thèmes religieux?" La question a été posée au Père Bro, auteur du livre "La Beauté
sauvera le monde". Faisant allusion aux films "Marie", de Jean-Luc Godard
et "La dernière Tentation du Christ", de Martin Scorsese, le dominicain a
répondu: "S’il y a de l’amour de la part de l’artiste, je ne crains rien.
La liberté ne naît que dans l’amour. Ce qui me désole dans ces films, c’est
que je n’y ai pas rencontré le Christ".
Mario Botta, l’architecte suisse qui a conçu la première cathédrale
française du XXème siècle, a expliqué qu’en concevant son projet il avait
voulu se faire "l’interprète du besoin de lieux de communication dans une
ville moderne. Car le confort technique ne donne pas la joie de vivre. Or
il est important, non seulement pour les croyants, mais aussi pour les incroyants , de disposer d’un espace spirituel pour la méditation".
A une époque où le débat sur la laïcité est à l’ordre du jour, ce colloque sur la place du sacré dans la vie des hommes d’aujourd’hui venait comme
un complément, un "plus", une réponse à la recherche du "sens". Si l’icône
est redevenue elle-même à la mode, écrivait Noël Copin, rédacteur en chef
du quotidien "la Croix", n’est-ce pas parce que, dans sa discrétion et son
mystère, elle est le plus beau témoignage de la recherche de l’invisible à
travers le visible; la recherche, à travers l’image humaine, de l’image
inimaginable de Dieu, de la beauté suprême qui sauvera le monde?". (apicmjh/ba)