Paris: l’appel de l’abbé Pierre commence à être entendu (190792)
annoncées par Marie-Noëlle Lienemann, ministre du logement
Paris, 19juillet(APIC) L’abbé Pierre avait refusé dernièrement la distinction d’officier de la Légion d’honneur que lui avait offerte le gouvernement français. Il avait par contre à cette occasion lancé un appel en
exigeant plutôt que l’on applique une loi de 1945 qui demande la réquisition de logements vides pour les sans-logis. La ministre du logement, Marie-Noëlle Lienemann, a annoncé qu’elle acceptait cette requête et a promis
un plan d’urgence. Le quotidien catholique "La Croix" a publié vendredi la
réaction de l’apôtre des sans-abris.
L’abbé Pierre en apprenant les mesures annoncées par la ministre du logement, s’est écrié: "C’est formidable. C’est la première fois qu’on assiste à une telle mesure. J’ai rencontré Mme Lienemann récemment. C’était une
rencontre de grande qualité humaine avec quelqu’un qui cherche à faire son
devoir. Vous savez, aujourd’hui, on fait des maisons bourgeoises, il n’y a
pas de place pour les gens modestes. Il faut que l’Etat élabore un programme qui donne priorité à la construction. Si on regardait notre pays depuis
Mars, on penserait: ’Ils sont complètement dingues. On a la technique, on a
la place, on a les hommes, mais on les laisse crever’.
Parlant de logements vacants qui existent déjà, l’abbé Pierre insiste:
"La situation de ces logements vacants n’est pas toujours la même. Par
exemple, pour les immeubles destinés à la démolition, on devrait afficher à
quelle date ils vont être détruits. De quel droit empêcher des familles d’y
vivre?"
Le journaliste de la Croix pose alors la question suivante à son interlocuteur: "Cette marque de bonne volonté de Mme Lienemann vous réconciliet-elle avec la distinction offerte par le gouvernement français? L’abbé
Pierre répond alors, mi-moqueur, mi-souriant: "Vous savez, je n’ai été
averti en rien de cette distinction qu’on m’avait faite. Je l’ai appris par
un télégramme de félicitations du premier ministre. J’attends que l’Elysée
ou la Chancellerie m’avertissent. De toute façon, ils pourront toujours la
mettre sur mon cercueil. A mon âge, vous savez, on n’en a pas pour longtemps!" (apic/oc/croix/ba)