Paris : l’action catholique spécialisée aujourd’hui (300388)
Paris, 30mars(APIC) Les 28 et 29 mars, l’Institut Catholique de Paris a
accueilli les responsables des mouvements d’action catholique splécialisée
et plus de 70 théologiens pour un colloque sur le thème : "L’action catholique spécialisée aujourd’hui ?".
Le débat a permis de réfléchir, discuter, critiquer, par la confrontation entre militants de l’action catholique et théologiens, l’originalité
de l’action catholique, sa place dans l’Eglise aujourd’hui et son devenir.
Modification du contexte historique
Prenant acte de la perte de soutien d’une partie des évêques de France
et de l’évolution du contexte historique dans laquelle elle s’insère, l’action catholique s’est demandée comment passer d’une situation de reconquête
à une volonté d’entrer en dialogue. Dans une société largement sécularisée
et laïcisée, face à une Eglise elle-même bien présente, il s’agissait à
l’origine plutôt que de convertir le monde, de le reconquérir. Aujourd’hui,
tandis que l’Eglise est devenue minoritaire et que le laïcisme a perdu de
son assurance, le problème n’est plus seulement, comme le remarquait le
père Joseph Doré, professeur à la ’Catho’ de Paris, "de faire évoluer
l’Eglise et de transformer le monde, mais de trouver des raisons de continuer et de se reproduire".
Evolution interne
D’ou les interrogations de l’action catholique et ses tentatives d’appré
hension de son évolution interne. La plate-forme commune rédigée pour le
colloque note par exemple que la situation de crise, une meilleure prise en
charge de la complexité de la réalité humaine, une compréhension renouvelée
du mystère pascal, ont conduit les mouvements à assumer les aspects les
plus négatifs de l’existence personnelle et collective. Les mouvements
spécialisés insistent aussi sur la place croissante à donner à la Parole de
Dieu dans la "relecture", c’est-à-dire l’interprétation de l’expérience
vécue à la lumière de la foi, à la vie de prière et sacramentelle, à la
formation chrétienne de leurs membres.
Les théologiens l’ont d’ailleurs bien souligné : "Le parti-pris d’espérance est à terme compromis s’il ne s’appuie pas sur la foi elle-même", a
affirmé Joseph Doré. Ils ont aussi rappelé l’importance de la profession de
foi qui fait expressément référence à l’Eglise et se distingue de la simple
adhésion à des valeurs éthiques. Dans le prolongement de la réflexion menée
au Synode, c’est la place même du laïc dans l’Eglise qui a été abordée : à
la fois pleinement dans le monde et enraciné dans l’Eglise.
Questions en suspens et appels pour l’avenir
Certains problèmes de fond sur la place de l’action catholique aujourd’hui sont en revanche restés largement en suspens. Ainsi la question
de leur place de mouvement dans l’ensemble ecclésial, face à la montée du
"charismatisme" ou au succès du rassemblement de Versailles, même si dans
la plate-forme commune les mouvements reconnaissaient qu’il y avait eu chez
certains d’entre eux "une tendance à vouloir assurer, par eux-mêmes, toutes
les dimensions d’une vie d’Eglise ou à vouloir que l’Eglise tout entière
soit à leur image".
Le père Bernard Sesboué, jésuite, a noté en conclusion le climat de modestie dans lequel s’était déroulé le colloque et l’importance de l’approfondissement de la mission par le dialogue, le partage et le souci d’ouverture aux autres religons et aux incroyants. Il a cependant regretté dans la
présentation des mouvements par eux-mêmes la place excessive donnée à l’action au détriment du regard et du jugement ainsi que l’insuffisante prise
en compte des transformations de la société, par ex. l’apparition de nouveaux milieux comme le quart-monde, et l’internationalisation des phénomènes
sociaux.
Il a enfin insisté sur l’urgence de creuser toujours davantage le problème de la relation entre les hommes et celle des hommes avec Dieu et invité les mouvements d’action catholique spécialisée à réfléchir sur la notion d’évangélisation dans son lien d’appartenance à l’Eglise ainsi que sur
les relations entre l’action catholique et l’institution ecclésiale : "Cette forme d’apostolat des laïcs, a-t-il dit, ne doit pas être sacralisée,
mais doit être comptable de la réalité du peuple de Dieu. (apic/ )