Paris : l’ACAT et le 40ème anniversaire (111288)
Pour un monde sans torture, 6000 personnes réunies à Paris
Paris, 11décembre(APIC) Au lendemain des cérémonies offcielles marquant
le 40ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme,
plus de 6’000 personnes se sont réunies dimanche 11 décembre au Bourget
près de Paris à l’appel de l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la
Torture (ACAT), sus le mot d’ordre "Pour un monde sans torture".
L’article 5 de la Déclaration de 1948 exige que "nul ne sera soumis à la
torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants".
Pourtant, la torture reste pratiquée dans près d’un pays sur deux. On a
même pu constater ces dernières années une recrudescence du nombre de cas.
Guy Aurenche, président de la Fédération internationale de l’ACAT (FIACAT),
a lancé aux jeunes le défi de faire disparaître la torture d’ici l’an 2000.
Il a appelé à un changement des comportements, à la lutte contre l’expulsion et à l’éducation aux droits de l’homme.
C’est la conspiration du silence qu’il faut dénoncer, car "l’oppression
s’en nourrit", comme l’a relevé Jacqueline Westercamp, présidente française
de l’ACAT. Des victimes de la torture physique et psychologique, des personnes engagées à leurs côtés, dont Igor Ogourstov, patriote russe détenu
durant 20 ans, et qui doit sa libération à l’ACAT notamment, Adolfo Perez
Esquivel, Prix Nobel de la Paix, Jean-Paul Kaufmann, journaliste français
détenu 3 ans au Liban, Dom Helder Camara, archevêque émérite de Recife au
Brésil, Geneviève Anthonioz-De Gaulle, présidente d’ATD Quart Monde qui a
connu la déportation, et d’autres encore ont apporté leur témoignage.
Tous ont, avec leurs mots, condamné un système qui "brise l’humain", le
"pire traitement qu’un homme puisse faire subir à un autre homme", et parlé
de l’espoir qui les a fait tenir aux pires moments. Ils ont souligné l’importance de travailler à la construction d’une société plus juste et dénoncer, comme l’a fait Jean-Paul Kaufmann, le fanatisme, origine du mal.
Un autre temps fort de la manifestation a été la célébration oecuménique
présidée par le cardinal Lustiger, archevêque de Paris, le pasteur Jacques
Stewart, président de la Fédération protestante de France, et le métropolite Jérémie, président du Comité inter-épiscopal orthodoxe. Le Conseil oecuménique des Eglises (COE) s’était également associé à la manifestation,
ainsi que le pape Jean Paul II qui, dans un emssage, a souhaité que l’action des chrétiens puisse empêcher les atteintes les plus graves.
Des témoignages, il est aussi ressorti que deux mots clés dirigent la
lutte contre la torture : foi et engagement, la première fait tenir, donne
à certains la force de résister et aussi de pardonner ensuite. La seconde
permet de favoriser la libération de prisonniers. Ainsi, sur 2’367 interventions opérées sur 5 continents entre novembre 1987 et novembre 1988 par
l’ACAT, l’organisation a eu connaissance de 380 libérations soit plus d’une
par jour.
L’exigence des droits de l’homme gagne constamment du terrain. En France, a-t-on appris, 350’000 personnes ont signé cette année l’appel de
l’ACAT à construire un monde sans torture. Par ailleurs, un sondage qui
vient d’être publié par le quotidien "La Croix" indique que 80% des
Français jugent la torture injustifiable quelque soient les conditions.
L’ACAT est une association oecuménique engagée aux côtés des victimes
comme de ceux qui luttent contre la torture. Créée en 1974 en France, elle
a connu un rapide développement. Dans son pays d’origine, l’ACAT compte
maintenant 15’000 adhérents et recense 5’300 membres hors de France dont
quelques 3’000 en Suisse. (apic/lv/bd)