Paris : débat entre les Pères Valadier et Armogathe (140689)
Paris, 14juin(APIC) Ce qui se passe aujourd’hui dans l’Eglise catholique
est-il signe d’un renouveau ou d’une crispation frileuse ? Cette question a
fait l’objet d’un débat entre le Père Paul Valadier, jésuite, ancien directeur de la Revue "Etudes" et auteur d’un livre intitulé "L’Eglise en
procès", et le Père Jean-René Armogathe, curé de St-Pierre de Chaillot dans
le XVIe arrondissement de Paris. Ce débat était organisé par l’Association
des Journalistes de l’information religieuse (AJIR) le soir du mardi 13
juin à Paris.
"Qu’il s’agisse d’une action délibérée ou de mesures non-coordonnées,
mais qui dessinent malgré elles un plan d’ensemble, on observe aujourd’hui,
dans l’Eglise catholique, une véritable stratégie pastorale", a affirmé
d’emblée le Père Valadier. Et de citer nombre d’exemples significatifs, à
son avis, d’une vigoureuse "reprise en main" : intervention directe du Vatican, souvent sans consultation des évêques locaux, pour réintégrer les
fidèles de Mgr Lefebvre repentis, personnalités "pâles ou conservatrices"
mises à des postes à responsabilités, notamment dans le Tiers-Monde, mise
au pas de théologiens... "La conséquence, ajoute le Père Valadier, est de
retrécir la diversité catholique, au risque d’aboutir à une certaine stérilité".
"Mon seul regret est qu’il n’y ait pas de stratégie", lui a répondu le
Père Armogathe qui croit discerner dans les événements actuels "une demande
globale du peuple chrétien : un nombre croissant de fidèles retrouvent le
chemin de l’Eglise qu’ils discernent mieux parce qu’elle est plus visible
et plus fidèle à la radicalité de son message". Et le premier auteur de
cette visibilité est, pour le curé parisien, le pape Jean Paul II.
Le débat a été parfois vif entre tenants de positions difficilement conciliables, qu’il s’agisse de la "contre-culture catholique", liée à la reconstitution d’un tissu catholique dans la société, et donc aussi de ce
qu’on appelle "la nouvelle-évangélisation"; des nominations épiscopales; de
la catéchèse; de la Révolution française; du serment de fidèlité qu’il est
question de faire prêter à tous ceux qui, dans l’Eglise, ont une fonction
d’enseignement, et dont le Père Valadier estime qu’il manifeste "une volonté d’asservissement"... Si la confrontation entre deux prêtres, éminents
intellectuels catholiques, n’a permis d’aboutir à aucune conclusion, elle a
du moins illustré le débat qui agite aujourd’hui l’Eglise catholique.
(apic/mjh/bd)