Paris, 18mai(APIC) L’UNESCO a organisé le soir du 17 mai une conférencedébat sur "Religions et Libertés", préparée par A. Sinaceur, directeur de
la division de philosophie et sciences humaines de l’UNESCO. En ouvrant la
séance, Federico Mayor, directeur général de l’organisation, a précisé que
cette initiative voulait être une contribution de l’UNESCO à l’avancement
de la réflexion philosophique dans le cadre de conférences publiques consacrées à la philosophie et aux sciences humaines.
Federico Mayor a encore souligné que c’était un sujet délicat et complexe que celui de la tolérance et de la coopération sur le plan philosophique, celles-ci étant incarnées dans les domaines de travail de l’UNESCO :
éducation, science, culture et communication, tout cela vise à la défense
des valeurs humaines.
Sont intervenus des philosophes, des chercheurs, des universitaires de
renommée mondiale issus des cultures occidentales et méditerranéennes et
relevant notammemt du christianisme, de l’islam et du judaïsme : Paul Ricoeur, professeur aux Universités de Paris X et de Chicago, président honoraire de l’Institut International de Philosophie; Mme Fatma Haddad-Chemakh,
professeur à l’Université de Tunis; Mohamed Arkoun, professeur de l’histoire de l’islam à l’Université de Paris III; Albert Memmi, professeur émérite
à l’Université de Paris X; Emile Poulat, directeur à l’Ecole des Hautes
Etudes de Sciences Sociales et au Centre National de la Recherche Scientifique.
Le titre "philosophies, religions et libertés" recouvre un thème fondamental de la philosophie du monde moderne : l’exigence de l’universalité et
le pluralisme des pensées, des religions, des croyances et des cultures.
L’universalité est la règle qui vaut pour tout être humain considéré comme
une fin en soi. Règle indépendante de tout contexte historique, factuel ou
culturel. Cette opposition entre l’exigence d’universalité et le fait du
pluralisme a été résumée dans la formule "l’universalisme face au contextualisme". Elle induit tout un débat pour passer d’un universalisme abstrait
à un universalisme concret, incarné dans les histoires propres, les cultures, les convictions multiples, voire même opposées et conflictuelles. Il
s’agit de la capacité de chaque société de découvrir l’universel enfoui
dans sa propre culture, l’universel dans le discours de l’autre et d’intégrer un moment critique de ses propres convictions et d’identifier l’intolérable de l’autre dans un discours toujours tendu. (apic/ccic/be)