Paris: colloque des Equipes d’action contre le proxénétisme (041292)
Paris, 4décembre(APIC) Les Equipes d’Action contre le proxénétisme ont
organisé jeudi 3 décembre un colloque à l’UNESCO, à Paris, consacré au thème de la "Prostitution, proxénétisme et eurocriminalité face au nouvel
espace européen". Ce colloque, placé sous le patronage de l’UNESCO, d’Interpol et du Conseil de l’Europe, notamment, a réuni quelque 700 personnalités venues de France et d’Europe: avocats, magistrats, fonctionnaires de
la CEE et d’Interpol, membres des diverses associations qui s’occupent de
l’accueil et de la réintégration des personnes prostituées.
A quelques semaines de l’ouverture des frontières entre les pays de la
CEE, comment va-t-on harmoniser les législations en matière de prostitution, contrôler les flux prostitutionnels, réprimer le banditisme qui va de
pair avec le proxénétisme? Et surtout comment lutter contre la prostitution
qui, en France par exemple, représente un chiffre d’affaires annuel de 4
milliards de francs suisses (15 milliards de FF)?
"Libre" ou "forcée", c’est-à-dire mise sous la coupe d’un proxénète, la
prostitution est une des formes modernes de l’esclavage. A ce titre, elle
tombe sous le coup de la Convention internationale des Nations Unies du 2
décembre 1949, qui réprime la traite des êtres humains et l’exploitation de
la prostitution d’autrui. Des milliers de personnes, en France ou ailleurs
en Europe comme dans le monde, sont victimes de la prostitution et des proxénètes sans scrupule. Le problème ne touche pas uniquement les milieux défavorisés, mais l’ensemble des classes sociales. Il prend aujourd’hui un
visage "moderne et adapté" aux nouvelles données de la société. Il touche
les hommes commes les femmes. Les enfants aussi.
Au sein de la CEE, trois thèses sont en concurrence en ce qui concerne
l’attitude des pouvoirs publics à l’égard de la prostitution: le régime
prohibitionniste, qui considère prostitué(e)s et proxénètes comme des délinquants relevant du droit pénal; le régime réglementariste, qui voit la
prostitution comme une fatalité ayant droit de cité tout en étant soumise à
la surveillance administrative et policière; le troisième enfin, qui permet
à la prostitution de s’exercer librement, ne condamnant éventuellement que
le désordre qu’elle pourrait engendrer.
L’arsenal juridique varie d’un pays à l’autre. Que se passera-t-il lors
de l’ouverture des frontières? Autant de questions que le colloque a abordées. Et auxquelles les pays devront bien un jour répondre.
L’objectif des Equipes d’Action est de lutter contre le proxénétisme
sous toutes ses formes, contre ses causes aussi. Créée en 1956 en France,
l’Association travaille sur quatre niveaux: la lutte contre le proxénétisme; le service social; la prévention; la communication. (apic/ecl/pr)