"Sensibles aux appels reçus de Jérémie", diocèse de Mgr Romélus
Paris, 24février(APIC) Quatre évêques français ont lancé mercredi un appel de solidarité aux catholiques de France pour soutenir économiquement,
moralement et spirituellement le peuple d’Haitï gravement éprouvé par les
atteintes aux droits de l’homme et dont les plus pauvres sont les premières
victimes. Ils relaient ainsi un S.O.S. de Mgr Willy Romélus, évêque de Jérémie en Haïti, qui affirme que "le pays est délabré".
Mgr Georges Pontier et Mgr André Lacrampe, présidents du comité épiscopal France-Amérique latine (CEFAL), Mgr Jacques Delaporte, président de la
Commission française "Justice et Paix" et Mgr Joseph Rozier, président national de "Pax Christi" signent ensemble un communiqué pour attirer les
catholiques de France sur la situation "préoccupante" d’Haïti.
"Depuis le 1er octobre 1991, de nombreuses informations nous parviennent
d’atteintes aux Droits de l’homme et de violences dont les premières victimes sont les populations les plus pauvres. Le naufrage du bateau ’Le Neptune’, assurant la communication entre les villes de Jérémie et de Port-auPrince, n’est pas le fait du hasard ou de la malchance, mais une conséquence des conditions socio-économiques dramatiques dans lesquelles la population tente désespérément de survivre", affirment les quatre évêques.
Les évêques, sensibles aux appels reçus en particulier du diocèse de Jérémie, invitent tous les catholiques de France à manifester concrétement
leur solidarité à leurs frères haïtiens "aujourd’hui gravement éprouvés et
à appuyer tout effort pour la paix et la justice dans ce pays".
Un pays délabré
C’est à l’occasion du naufrage du "Neptune" que Mgr Romélus a lancé son
appel urgent. Il ne se borne pas à appeler au secours, il dit aussi sa colère devant la situation d’un pays "délabré" et dont le gouvernement est
incompétent. L’évêque de Jérémie dénonce "la corruption" d’un Etat irresponsable" qui a laissé partir un navire en nette surcharge.
L’évêque haïtien va plus loin, mettant en cause le régime et sa légitimité: s’il n’y avait pas eu le coup d’Etat, les gens ne seraient pas obligés d’aller chercher du travail à l’autre bout de l’île. Car la route qui
relie Jérémie à Port-au-Prince, distant de 200 kilomètres, est impraticable, alors que le président Aristide avait reçu un financement de la Banque
Mondiale pour la remettre en état.
Mgr Romélus dénonce également la violation des droits de l’homme. Si les
gens quittent la capitale, c’est le plus souvent pour fuir la répression.
Avant de demander l’aide de "ses frères et soeurs du monde entier", Mgr Romélus remercie le président Aristide d’avoir, de son exil, annoncé un deuil
de sept jours dans tout le pays. (apic/cip/ba)