avenir". Ce slogan est celui du rassemblement "Maniformation" que la JOC-
JOCF (Jeunesse ouvrière chrétienne - Jeunesse ouvrière chrétienne féminine)
de France prépare pour le 6 mai prochain à Courneuve, en banlieue parisienne. Ce sont, en effet, 100’000 jeunes que les organisateurs attendent ce
jour-là pour cette manifestation qui devrait apparaître à la fois comme
l’aboutissement de tout un travail mené au sein du mouvement sur la question de la formation, et comme un "envoi", puisque, comme le scandait la
campagne nationale d’action, "se former, c’est assurer".
Le mouvement de la Jeunesse ouvrière chrétienne compte aujourd’hui en
France 100’000 membres de 14 à 25 ans, garçons et filles. Les deux mouvements s’étant fondus en un seul, même s’il a à sa tête deux présidents, une
fille et un garçon, il a conservé le double sigle et maintenu une double
représentativité.
Lors de la crise du mouvement international qui, en 1986, a amené à une
scission - d’un côté la CIJOC (Coordination internationale de la JOC), reconnue par le Vatican, de l’autre la JOCI (JOC internationale), considérée
par Rome comme dissidente - le mouvement, en France, a fait le choix de la
première branche. "D’autant plus, précise l’un des permanents actuels, que
le président de la CIJOC est un ancien de la JOC françaisey". Pourtant.
précise-t-il encore, "la scission n’est pas l’exclusion, et nous continuons
à travailler avec la JOCI, même si nous entretenons des relations privilégiées avec ceux qui ont fait le choix de la CIJOC".
De fait, la collaboration est étroite entre les JOC des différents pays,
notamment au niveau européen. C’est ainsi que, en 1988, la CIJOC a mené une
enquête sur la situation des jeunes en Europe, enquête qui a abouti à la
publication d’un "Livre blanc" sur les "Les jeunes en précarité", même si
on devrait plutôt le qualifier de "livre noir", font remarquer des responsables du mouvement.
Lors de "Maniformation", le 6 mai, cette même dimension européenne sera
valorisée, puisque vingt à vingt-cinq délégations étragères, de la JOCI et
de la CIJOC, des pays industrialisés comme du tiers monde sont attendues et
présenteront ce qui se fait dans leur pays en matière de formation.
Car c’est bien autour de la formation, estiment les responsables du mouvement, que se joue l’avenir de la jeunesse. Du reste, le dépouillement
d’une enquête menée par les militants en novembre 1989 fait apparaître "une
mauvaise information sur la formation; un manque d’argent pour accéder à
une formation; une orientation qui ne correspond pas à l’attente des jeunes; des formations sans aucune cohérence entre elles et qui ne débouchent
sur rien; une formation sans contrôle sérieux".