Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Enfin l’espoir de trouver un habitat définitif

    Paris: 312 familles africaines campent à Vincennes (230792)

    Fribourg, 23juillet(APIC) Depuis deux mois 312 familles africaines, maliennes pour les deux tiers ont installé un campement à Vincennes dans le

    12e arrondissement de Paris. Elles exigent un logement définitif. Quelque

    1600 personnes dont 976 enfants sont concernés. Les conditions de vie sont

    devenues précaires sous les abris de fortune de toile multicolore, la Préfecture de police ayant interdit les tentes et les lits. Lors des premières

    semaines, écrit le quotidien catholique "La Croix" dans un article qu’il

    consacre à ce problème, les forces de l’ordre ont mis en place un blocus

    sévère intervenant à la moindre ouverture des parapluies, malgré les averses fréquentes.

    Les "Africains de Vincennes" continuent néanmoins de vivre entassés sur

    300 m2 de terre battue, entourés de barrières, sans eau courante ni électricité, avec seulement trois W.C. à leur disposition. "Il faut humaniser

    le camp", plaide Makan Sidibé, président de Conseil des Maliens de France

    (CMF) et porte-parole des familles, qui demande que le préfet autorise

    l’installation des tentes, de sanitaires supplémentaires et de points

    d’eau.

    Certains habitants du camp témoignent: "Je suis déçue par la France",

    dit Mah Traoré". Nous vivions avec trois enfants dans un studio de 15 m2

    dans le 18e arrondissement. Depuis sept ans nous attendons un logement social demandé à la mairie du XVIIIe. Le 19 mai dernier, en fin de bail, nous

    avons été expulsés du studio par le propriétaire, qui voulait vendre. Dans

    cette situation nous avons eu écho de l’existence du camp, nous sommes là

    et nous resterons jusqu’à l’obtention ou la proposition d’un logement que

    nous serons en mesure de payer. Toutes les familles n’ont pas les mêmes revenus que Mah et Samba, son mari, (salariés avec environ 12000 FF nets par

    mois - environ 4’000 francs suisses), 163 d’entre elles gagnent plus de

    8000 FF, d’autres n’ont pas plus de 4000 FF. Une cinquantaine de ces foyers

    comptent entre 7 et 17 enfants. La plupart des chefs de ces familles sont

    des salariés qui sont arrivés en France entre 1960 et 1980 et qui ont toujours payés leurs impôts.

    Une lueur d’espoir

    Pour protester contre cette situation l’Abbé Pierre a réfusé la distinction d’officier de la Légion d’honneur offerte par le gouvernement français. Il a lancé un appel aux autorités, en exigeant que l’on applique la

    loi de 1945 qui demande la réquisition de logements vides pour les sans-logis. Le ministre du logement, Marie-Noëlle Lienemann, a annoncé qu’elle acceptait cette requête et a promis son application urgente. Depuis mercredi

    dernier l’annonce de la réquisition des locaux vacants pour les sans-logis

    a soulevé l’espoir chez les Africains dans le campement de Vincennes.

    Dans quelques semaines 182 personnes, dont 80 enfants, auront peut-être

    le droit de pouvoir dormir dans un lit, prendre une douche, manger dans de

    la vaisselle propre. La reconnaissance de ce droit à la dignité ne doit pas

    créer un sentiment de triomphalisme. Se basant sur une étude présentée par

    le CMF sur les diverses situations des familles et complété par une enquête

    des services de la Préfecture, le ministre du logement a précisé que parmi

    ces 312 familles il n’y avait en fait "que deux familles non logées et quatorze en voie d’expulsion; les autres sont mal logées, parfois très mal logées".

    Il sera donc offert des logements "en priorité absolue", aux seizes familles sans-logis, explique M-N. Lienemann, tandis que les 100 autres cas

    prioritaires présentés par le CMF se verront à nouveau proposer des logements provisoires. Mais ces logements provisoires ont été réfusés par les

    délégués maliens, qui affirment que les conditions d’hygiène et de sécurité

    n’étaient pas réunies dans des baraques de chantier et des foyers d’éducation surveillée parfois et trop éloignés de leurs lieux de travail.

    Makan Sidibé, président du CMF réfute la distinction faite entre non-logés et mal logés en parlant d’une majorité de familles qui n’ont jamais eu

    un bail en mains, ayant vécu dans des foyers, des meublés, des hôtels et

    qui veulent au moins une garantie écrite d’obtenir à échéance un logement

    definitif. Dans le désespoir, un des vieux du camp qui affirme, feuilles de

    salaire à l’appui, avoir travaillé vingt trois ans en France, ne cherche

    plus de réponse à son triste sort: "Il n’y a pas d’explication, c’est de

    l’exclusion". L’abbé Pierre en apprenant les mesures annoncées par le ministre du logement a déclaré "c’est un bon début".

    "La réquisition n’est pas la solution à tous les problèmes" déclare de

    son côté Michel Legros, directeur de recherche au Credoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie). Pour lui, la décision à un caractère, politique mais elle est très forte sur le plan symbolique". Il est important qu’un gouvernement reconnaisse ainsi le droit au

    logement."Cela étant, il faut bien voir que la mesure ne concerne que des

    bâtiments publics ou des hôtels en suspension provisoire. Ce qui, finalement, répresente qu’une petite partie du parc locatif. La réquisition n’est

    pas non plus la solution à tous les problèmes. Il faut ensuite que les gens

    relogés aient les moyens de payer le loyer de ces logements. Autre obstacle

    à la réquisition : il n’y a pas autant de logements vides qu’on l’imagine".

    Les études réalisées par l’INSE en 1990 donnant le chiffre de 118’000 logements vides sur Paris est à prendre avec beaucoup de précautions. (apic/cxak).

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus