Mascarade ou réel espoir d’un changement?, questionne "Justice et Paix"
Paris, 31août(APIC) A l’occasion de la seconde conférence des NationsUnies sur la situation des PMA (Pays les moins avancés) qui doit se tenir à
Paris du 3 au 14 septembre, la Commission française "Justice et Paix" a
rendu public le 28 août une déclaration rappelant que ces pays sont marginalisés et que, malgré les engagements pris lors de la première conférence
qui s’était tenue à Paris en 1981, "force est de convenir, presque dix ans
plus tard, que cela a été en vain: la situation de ces pays s’est dégradée".
Dans sa déclaration, la Commission rappelle qu’un dixième du tiers monde
forme en réalité un quart monde. Les pauvres des pauvres vivent dans une
quarantaine de pays qu’on a honte d’appeler par leur nom. "Le problème posé
par les PMA n’intéresse pas en réalité les forces économiques dominantes.
Les systèmes du monde sont occupés à la performance et au rendement. Les
pays qui ne peuvent pas suivre sont voués à la mise à l’écart dans les échanges internationaux", constate la Commission pour qui "exclusion et marginalisation ne font pas partie du vocabulaire de la foi".
Ces pays sont très divers. On les trouve un peu dans tous les continents, mais deux sur trois sont en Afrique et ne peuvent financer leur développement sans recevoir l’aide extérieure à moins d’emprunter un argent
qu’ils peinent ou ne peuvent rembourser. Le produit national par habitant
est de 250 à 300 francs par an.
Lors de sa réunion de 1981, la conférence des Nations-Unies sur le sujet
préconisait un programme d’action pour que ces pays s’intègrent dans le
grand mouvement historique du développement et définissait les engagements
souhaitables des pays donateurs d’aide et des PMA eux-mêmes pour susciter
la croissance de ces derniers. Voeux pieux et lettres mortes si l’on tient
compte de la situation actuelle de ces pays plus précaire encore qu’à
l’époque. "Faut-il alors baisser les bras et invoquer la fatalité? Faut-il
prendre pour une mascarade la seconde conférence de Paris qui veut réactiver le programme de 1981 de manière plus réaliste?" se demande la Commission "Justice et Paix".
Les acteurs en jeu
Le texte de la Commission analyse la situation et formule un certain
nombre de propositions. "Trois acteurs sont en jeu", précise-t-elle: "La
nature", dont il faut bien reconnaître qu’elle est généralement peu propice"; mais s’il est difficile d’y porter remède, "on peut penser que l’intégration de "certains de ces pays dans des ensembles économiques plus vastes
serait positive".
Deuxième "acteur": "Les pays donateurs", à qui revient "la responsabilité d’aménager les relations internationales de manière à encourager... les
efforts locaux de développement. Cela veut dire avant tout allègement voire
suppression de la dette et augmentation des concours financiers pour le développement". En se gardant d’oublier le troisième acteur: "Les PMA eux-mêmes", "qui ont la responsabilité première des initiatives de développement", mais dont la capacité d’initiative est souvent "entravée par l’ignorance et, dans certains cas, par la terreur d’Etat". Il convient, précise
le texte, d’encourager la vie associative et la formation des femmes.
La déclaration de la Commission française "Justice et Paix" s’achève par
un appel à tous les citoyens d’un pays riche, car "la marginalisation des
ultra-pauvres est une des figures possibles de notre devenir", et "Aux
croyants au Dieu de l’Alliance", parce que "la terre a été donnée en copropriété à tous les hommes", que "la dignité humaine va avec le droit pour
tous d’en tirer de quoi vivre", et qu’"il nous faut agir enfin pour qu’on
nous croie". (apic/jp/mjh/pr)