qualifié de "coup monté" par des personnalités religieuses et politiques
Rome/Lima, 13février(APIC) L’Eglise catholique au Paraguay, après le renversement du général Stroessner estime nécessaire "un processus d’encouragement à la morale publique et privée". La dignité de l’homme doit
reprendre la première place et vaincre la corruption dans le gouvernement
et l’administration, a déclaré Mgr Jorge Livieres Bank, secrétaire de la
Conférence épiscopale d’Amérique latine et évêque auxiliaire d’Ascunsion
dans une interview accordée à Radio Vatican samedi 11 février. L’évêque a
déclaré qu’il y avait "beaucoup de gens au Paraguay qui se souviennent en
ce moment de l’enseignement du pape et particulièrement de son appel pour
la paix, la réconciliation, le dialogue et la liberté".
D’un autre côté, selon des informations reccueillies au Pérou auprès de
personnalités religieuses et politiques paraguayennes actuellement en visite à Lima, le coup d’Etat au Paraguay qui a vu jeudi 2 février le général
Andres Rodriguez, commandant le premier Corps d’armée et numéro deux de la
hiérarchie militaire, renverser le général Alfredo Stroessner, tiendrait
davantage du "coup monté que du coup d’Etat réalisé avec l’accord de l’ancien dictateur Stoessner". Ces mêmes personnes, qui désirent garder l’anonymat, estiment qu’en dépit des assurances de voir se réaliser des élections, le Parti Colorado (au pouvoir) s’"aménage ainsi la possibilité de
s’assurer le pouvoir sous le couvert d’une démocratisation".
Ces personnalités politiques et religieuses relèvent que le général
Stroessner était en conflit ouvert avec l’Eglise catholique du Paraguay et
que nombreux étaient les pays à ne plus vouloir soutenir le régime. Affaibli physiquement et politiquement, l’ancien dictateur "aurait accepté de
se prêter à ce coup d’Etat dans le but d’assurer la continuité d’une politique qu’il n’avait plus les moyens de mener personnellement après 34 ans
de pouvoir.
De l’avis même de l’opposition, le délai fixé pour une campagne électorale qui devrait permettre au peuple du Paraguay de s’exprimer d’ici 3 mois
est beaucoup trop court. "Il ne laisse pas le temps pour un débat d’idées,
mais en laisse suffisamment pour préparer la manipulation", relève un
prêtre paraguayen. La récente décision du général Rodriguez de se porter
candidat "laisse de plus planer des doutes au sujet de ses réelles intentions", conclut ce prêtre. (apic/pr)