Panama: le président Endara en grève de la faim (050390)
et de protestation vis-à-vis de la politique américaine
Panama, 5mars(APIC) Le président du Panama Guillermo Endara est entré
lundi 5 mars dans son cinquième jour de grève de la faim. Une grève qu’il
poursuit depuis le 1er mars à la cathédrale de la capitale pour une période
indéterminée, a confirmé dans une interview téléphonique accordée à l’agence APIC Raquel Gomez, coordinatrice de presse du palais présidentiel. Par
son geste, le président Endara entend se solidariser avec les pauvres du
Panama confrontés à une misère grandissante depuis l’intervention de l’armée américaine en décembre dernier, et protester contre la décision du Sénat américain de ne pas accorder au Panama une aide supérieure à 500 millions de dollars.
Le président Endara a installé provisoirement son bureau dans la cathédrale métropolitaine d’où il dirige actuellement les affaires courantes du
Panama. Plusieurs personnalités politiques du pays ainsi que Mgr Gregorio
McGrath, archevêque de Panama, lui ont rendu visite dans le but de témoigner leur solidarité au président en grève.
Depuis l’occupation du Panama par l’armée américaine, et après les mulitiples dégâts causés par les affrontements et les bombardements, les EtatsUnis n’ont encore rien versé pour dédommager le pays, révèle-t-on au palais
présidentiel. "La situation est critique, et les milliers de sans abri continuent de demeurer sans toit, tandis qu’augmentent de jour en jour le chômage et la faim", raconte à l’agence APIC Raquel Gomez. D’où la décision du
président Guillermo Endara de commencer sa grève en signe de soliarité et
de protestation.
Au palais présidentiel, on relève encore que le gouvernement ne peut
rien entreprendre tant que les Etats-Unis n’assument pas leur responabilité
au plus vite. Le président a en outre fait savoir que de nombreux groupes
politiques et économiques veulent se joindre à lui dans son action, mais
qu’ils attendent encore l’accord de Mgr McGrath pour le faire.
Guillermo Endara a de plus annoncé le lancement d’une consultation populaire afin de se faire confirmer et légitimer dans sa tâche de présdient.
Après la chute du général Noriega, le président Endara avait été placé sous
la protection des troupes d’invasion américaines. Plusieurs pays d’Amérique
latine refusent encore de reconnaître son gouvernement. (apic/pr)