Rome, 1er avril (APIC/CIP) Il y a quelques jours, la Conference épiscopale du Panama annonçait qu’elle était disposée à servir de médiateur entre
les partisans du général Noriega et l’opposition. L’Eglise répondait ainsi
à une invitation émanant de plusieurs personnalités politiques, parmi lesquelles le président du Costa Rica Oscar Arias, prix Nobel de la Paix, et
le leader du Parti socialiste espagnol Felipe Gonzalez.
Interrogé à ce sujet au micro de Radio Vatican, Mgr Marcos Gregorio
McGrath, archevêque de Panama, a déclaré qu’il n’était pas encore sûr que
cette médiation aurait lieu. "Pour le moment, a-t-il précisé, il ne s’agit
que d’une proposition. Je suis entré en contact avec le général Noriega, et
ensuite avec les groupes de l’opposition. Lors de ces contacts, mes interlocuteurs ont manifesté un intérêt et une disponibilité pour une telle
médiation. Mais il me semble, comme je l’ai dit hier lors de conversations
téléphoniques avec le président Arias et avec l’ancien président du Venezuela, M. Peres, qu’un travail sérieux ne peut se faire qu’à la condition
que les deux parties expriment de façon explicite leur désir de recourir à
un médiateur."
"La question centrale des négociations, estime Mgr McGrath, devrait porter sur le retrait du général Noriega comme chef des Forces Armées du Panama. Le noeud de la question, c’est de savoir comment et quand ce retrait
doit avoir lieu, car de lui dépendent toute une série d’événements, particulièrement les élections prévues pour 1989, dont les préparatifs devraient
être entamés. Il y a un autre problème : si on opte pour une médiation,
celle-ci ne peut durer trop longtemps. Il faut qu’on n’en diffère pas trop
l’ouverture et que l’on parvienne assez rapidement à une conclusion, car le
pays se trouve dans une situation économique et sociale extrémement difficile et il est nécessaire que l’économie, pratiquement anéantie suite aux
événements de ces dernières semaines, soit reconstruite."
Interrogé sur la raison pour laquelle il accepte aujourd’hui un rôle de
médiateur qu’il a refusé de jouer dans le passé, Mgr McGrath a indiqué
qu’en réalité il n’a pas encore accepté ce rôle et qu’il attendait que les
deux parties formulent explicitement leur demande. Le problème s’est posé
dans le passé, a-t-il dit, quand une partie demandait la médiation et
l’autre pas. (apic/cip/bd)