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    clergé d’accepter des charges publiques

    Pakistan: Les évêques interdisent au (240190)

    Le cas du Père Rufin, ministre d’Etat pour les minorités

    Lahore, 24janvier(APIC) Une année après qu’un prêtre catholique, le Père

    Rufin Julius, se soit présenté aux élections et ait obtenu un siège réservé

    aux minorités à l’Assemblée Nationale du Pakistan, la Conférence épiscopale

    du Pakistan a publié une déclaration catégorique interdisant à tout membre

    du clergé, évêques compris, de briguer une charge publique au Pakistan. De

    plus, le P. Rufin, devenu entretemps ministre d’Etat chargé des minorités,

    a fait l’objet d’attaques de la part des autres minorités (parsis, sikhs,

    hindous, protestants), et même de la part de certains milieux catholiques.

    La déclaration de la Conférence épiscopale catholique du Pakistan, rendue publique ce mois-ci, mentionne la question des membres du clergé (évêques, prêtres, diacres) qui se présentent aux élections ou assument une

    charge publique qui comporte une participation à l’exercice du pouvoir civil (voir le canon 285, paragraphe 3)".

    "Après avoir dûment considéré la question de cette participation, les

    évêques ont unanimement décidé que les laïcs sont plus aptes à se présenter

    aux élections afin d’assumer une charge publique et par le présent acte ils

    décident que dorénavant aucun membre du clergé ne pourra se présenter aux

    élections ou assumer une charge publique qui implique la participation à

    l’exercice du pouvoir civil".

    Cette déclaration sans ambiguité était attendue depuis longtemps afin de

    dissiper les doutes pesant sur la position de la hiérarchie pakistanaise en

    la matière. Aux élections générales de novembre 1988, le Père Rufin Julius

    avait été élu sur l’un des sièges réservés aux minorités, par l’électorat

    chrétien, en s’appuyant notamment sur une lettre de son évêque. Ce dernier

    ne lui avait en fait pas accordé de permission à l’époque, mais simplement

    toléré qu’il se présente aux élections. Cette distinction s’est cependant

    perdue dans la traduction de la lettre et le public en général y a vu l’approbation non seulement d’un évêque particulier, mais encore de tout

    l’épiscopat.

    Le fait que le Père Rufin Julius ait été nommé ministre d’Etat pour les

    minorités l’an dernier a encore compliqué l’affaire. Rome a donné son approbation à contrecoeur en raison des "circonstances spéciales" qui sont

    propres au Pakistan - un Etat très majoritairement musulman - mais a insisté sur le fait que le Père Rufin devait s’engager par écrit à ne pas se

    présenter aux prochaines élections. Ce dernier a refusé catégoriquement de

    se conformer aux directives romaines.

    Quoi qu’il en soit, le maigre bilan que peut présenter le Père Rufin de

    son activité comme ministre d’Etat aux minorités, affirme l’agence de presse catholique SarNews à New Delhi, ne lui donnent que peu de chance d’être

    réélu aux prochaines élections. Il n’a en effet pas pu réaliser les promesses de sa campagne, et se trouve, comme ministre, dans l’incapacité de mettre en cause la politique du gouvernement. La déclaration officielle des

    évêques pakistanais va dissuader de nombreux catholiques de voter pour lui.

    Les évêques n’ont imposé aucune restriction aux catéchistes laïcs qui

    voudraient se présenter aux élections afin d’exercer une charge publique.

    Comme employés de l’Eglise, ils doivent requérir la permission de l’Ordinaire du lieu qui, eu égard à la situation, peut permettre des dérogations.

    Cette déclaration des évêques a été bien accueillie par les adversaires politiques du Père Rufin. Ceux-ci en avaient en effet profité pour attiser

    des sentiments anti-cléricaux en condamnant l’utilisation du statut d’ecclésiastique dans le domaine politique. (apic/sar/cor)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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