Pakistan: Le Père Julius Rufin suspendu de ses (190990)
Il refuse de se plier aux ordres de son évêque
Lahore, 19septembre(APIC) Le père Julius Rufin, 44 ans, ancien ministre
d’Etat pakistanais pour les minorités, a été suspendu de ses fonctions sacerdotales en raison de ses activités politiques sur ordre de Mgr Armando
Trindade, évêque de Lahore. Cette décision a été prise le 13 septembre dernier après que le Père Rufin eût défié l’interdiction faite par l’Eglise
pakistanaise aux membres du clergé de faire campagne pour se faire élire à
des fonctions politiques.
Cette décision marque la première suspension officielle d’un prêtre dans
l’histoire de l’Eglise catholique au Pakistan. Le Père Julius Rufin, prêtre
diocésain de Lahore, avait obtenu un siège à l’Assemblée nationale aux
élections de novembre 1988 et devenait ministre chargé des affaires des minorités dans le gouvernement de l’ancien Premier ministre Benazir Bhutto.
Au moment des élections, l’évêque Armando Trindade écrivit une lettre au
père Julius qui l’interprèta comme une permission de se porter candidat. Le
Vatican accepta la situation tout en conseillant formellement au Père Rufin
de ne pas se présenter aux prochaines élections.
Le 2 janvier dernier, la Conférence épiscopale du Pakistan (PEC) lançait
une mise en garde catégorique, interdisant à tout prêtre d’assumer une
charge publique. Le Père Julius fait connaître ouvertement son désaccord et
le 28 juin dernier envoie une lettre aux évêques pour demander la permission de se porter candidat en tant que "cas exceptionnel".
Au début du mois d’août, après la chute du gouvernement de Benazir Bhutto, le cardinal Joseph Cordeiro de Karachi, président de la Conférence
épiscopale du Pakistan (PEC), a écrit une lettre déclarant que l’interdiction était définitive.
Le Père Julius poursuivit cependant sa campagne en vue des élections.
Alors qu’il avait enregistré les formulaires de nomination, Mgr Armando
Trindade l’a averti que s’il persistait, il serait "suspendu de toutes ses
activités sacerdotales". Convoqué à la chancellerie, le Père Julius confirma sa volonté de se représenter. C’est alors qu’il reçut le décret le suspendant de ses fonctions sacerdotales. Le prêtre rebelle a lancé le parti
de l’Alliance chrétienne pakistanaise qui, il l’espère, l’aidera à gagner
un siège sans le soutien de l’Eglise.
Le système électoral pakistanais prévoit une élection séparée pour les
candidats des minorités avec une seule circonscription électorale pour tout
le pays. Celui-ci offre au candidat jouissant du soutien de quelques zonesclefs la chance de remporter un siège. Le Père Julius figurait parmi les
quatre représentants de la minorité chrétienne élus aux élections de 1988,
en compagnie de George Clément, un ancien dominicain. (apic/ucan/gar)