Pakistan : La Conférence épiscopale interdit (300190)
Approbation chez les laïcs
Pakistan, 30janvier(APIC) Le président de l’Association catholique du Pakistan, Herbert Fernandes, a apporté son soutien total aux évêques du pays
qui ont décidé il y a peu de temps, conformément aux dispositions du droit
canon, d’interdire au clergé (évêques, prêtres et diacres) de briguer une
charge publique. Cette décision visait notamment un prêtre catholique, le
Père Rufin Julius, actuellement ministre d’Etat chargé des minorités au
Pakistan.
Herbert Fernandes a rendu publique à la mi-janvier une déclaration priant instamment la Conférence épiscopale catholique du Pakistan de faire valoir sans délai les dispositions du droit canon dans le cas du Père Rufin
Julius, membre de l’Assemblée nationale et ministre d’Etat chargé des minorités. Selon Herbert Fernandes, le Père Julius a exercé une activité politique durant une année et a apporté son soutien à des éléments hostiles à
l’Eglise.
"J’ai des raisons de croire qu’il manque à l’Eglise du Pakistan un contrôle ferme sur son clergé à cause d’une faible administration". Fernandes
a déclaré : "Si un contrôle plus strict était exercé sur les activités du
clergé et si on agissait rapidement contre ses membres indisciplinés, le
clergé jouirait d’une meilleure considération".
Le Père Julius, prêtre du diocèse de Lahore, a été élu à l’Assemblée nationale en novembre 1988 sur un des sièges réservés aux minorités et sa nomination au poste de ministre a été saluée favorablement par les catholiques et les autres chrétiens dans ce pays à très forte majorité musulmane.
Mgr Armando Trindade, évêque de Lahore, avait d’abord refusé au Père Julius de briguer une charge publique, mais après s’être entretenu avec des
prêtres et des personnes engagées pour la justice et la paix, il avait accepté de ne pas punir le prêtre.
Les évêques du Pakistan ont récemment publié une déclaration affirmant
que les laïcs sont plus aptes à se présenter aux élections et à assumer une
charge publique que les ecclésiastiques lorsque celle-ci implique la participation à l’exercice du pouvoir civil. Lors des élections de 1977, un autre prêtre pakistanais, le Père Derek Misquitta, s’était porté candidat et
avait obtenu un siège à l’Assemblée nationale, mais il avait démissionné
suivant les injonctions de la hiérarchie catholique. (apic/ucan/cor)