Ouagadougou: 11e édition du FESPACO (090389)
Ougadougou/Burkina Faso, 9mars(APIC) Parmi les 25 films long métrage en
compétition au Festival panafricain de Cinéma (FESPACO) qui s’est achevé
dimanche 5 mars à Ougadougou, Burkina Faso, le jury de l’OCIC (Organisation
Catholique Internationale pour le Cinéma) a attribué son Prix au film "Zan
Boko", du réalisateur burkinabe Gaston Kabore.
Ce film, qui a également reçu le Prix de la ville de Ougadougou, raconte
comment un paysan est contraint de quitter sa terre et la concession de ses
ancêtres pour faire place à l’agrandissement d’un quartier de villas. Comme
il n’a pas d’argent, il est incapable de faire reconnaître son bon droit.
Le problème des expulsions forcées, particulièrement important au Burkina Faso, est universel, relève le jury de l’OCIC qui note aussi la qualité
du langage cinématographique, la profonde humanité des personnages décrits
et le message d’espoir de ce film malgré un échec apparent. Le jury de
l’OCIC, présidé par Joseph Coulibaly, réalisateur de télévision au Mali, a
également primé un court métrage, "L’Arbre de vie", du Somalien Abdulkadir
Ahmed Said.
De son côté, le Jury International, présidé par le metteur en scène guadeloupéen Christian Lara, a attribué pour sa part le grand prix à "Africa
Heritage", un film du Ghana, pays qui fait ainsi une entrée remarquée parmi
les grands du cinéma africain. Co-produit avec la Suisse, "Yaaba", de
Idrissa Ouedraogo a obtenu quant à lui le prix spécial du jury. Ce film, at-on appris au FESPACO, est déjà retenu pour les festivals de Cannes et de
Locarno.
Ce palmarès illustre ainsi les deux faces du cinéma africain actuel :
celle politique avec le Ghana qui relit son histoire récente, en particulier la collaboration de quelques Ghanéens avec les Anglais, avant l’indépendance; et la face poétique, avec "Yaaba", qui, à la suite de "Wend
Kuuni" et de "Yéélen", est un surperbe conte parlant de l’amitié de deux
enfants et d’une grand-mère. (apic/ys/pr)