Origine, base légale et histoire
migré (CSI) a été fondée en 1966 par les prêtres scalabriniens de la Mission catholique italienne. Les premiers enfants à bénéficier de cette crèche furent les fils et les filles de travailleurs d’origine italienne.
Pendant 16 ans, les Soeurs de la Mission catholique italienne s’occupèrent des enfants de la crèche sise déjà dans les locaux actuels de la rue
du Nord à Fribourg. Le financement était alors assuré par la Mission catholique, la ville de Fribourg et par les parents sous forme de pension versée
pour leurs enfants placés à la crèche.
Se voyant trop âgées pour assumer ce travail, les Soeurs décidèrent de
se retirer en 1989 et de fermer l’établissement. Mais face aux besoins de
maintenir à Fribourg les prestations offertes par cette crèche, le CSI et
la ville s’employèrent à trouver une succession.
De gros efforts ont été consentis pour trouver le financement nécessaire
à la reprise de la crèche. Ce qui fut fait. Et c’est ainsi que l’activité
de l’établissement pu reprendre au mois d’août 1988. Un établissment placé
cette fois sous la responsabilité de laïcs. A l’heure actuelle, mais ceci
était déjà le cas dès le départ, un personnel qualifié s’occupe des enfants
confiés à la crèche durant la journée.
But et orientation sociale
Le but de la crèche est de faire suivre aux enfants issus de familles de
divers milieux sociaux, notamment de familles d’immigrés, ouvriers généralement, le programme de l’école maternelle et enfantine du canton de Fribourg, afin que ces enfants puissent acquérir les mêmes bases linguistiques
et le même développement scolaire que leurs petits camarades de langue maternelle française avant d’affronter l’école primaire.
Le programme éducatif est basé sur trois principes:
1) Le respect et la valorisation de la culture et de la langue propres à
l’enfant.
2) Procurer aux enfants l’affection dont ils ont besoin et que leurs parents ne peuvent malheureusement pas leur donner en raison de leurs horaires de travail.
3) La devise de base est de donner à chacun une chance égale au départ.
Structure et organisation
La capacité d’accueil est de 40 enfants. Un seuil que la crèche a cependant nettement dépassé.
L’horaire d’ouverture est le suivant: de 6h.30 à 18h. 30. Cela de manière continue tout au long de l’année, à l’exception des fêtes de fin d’année
(deux semaines), du mois de juillet en raison des vacances (quatre semaines) et des jours fériés.
L’itinéraire d’une journée
L’accueil des enfants se fait de 6h.30 à 9 heures. L’accueil des parents
venus rechercher leurs enfants de 16h. à 18h.30. Une personne doit impérativement se lever à 5h.30 pour assumer la prise en charge des premiers enfants qui arrivent parfois bien avant l’heure de l’ouverture officielle. Ce
qui revient à dire que la responsable de l’accueil ne peut "se permettre"
d’arriver en retard ou de se sentir malade à peine peu de temps avant. Les
qualités premières de la personne en question doivent être la gaieté, la
gentillesse, la confiance qu’elle doit nécessairement éveiller. Mais aussi
la motivation nécessaire pour faire ce genre de travail. Le sourire à tout
prix dès 6h.30 du matin.
Une seconde personne arrive à 7h.30 pour continuer le programme d’accueil. Les enfants prennent le petit déjeuner à 8 heures, puis arrive l’heure
des répétitions de chant, de poésie etc. 9 heures: début de l’école, selon
les degrés, ils apprennent à dessiner, à donner leurs prénoms, à écrire, à
calculer et à bricoler.
Les enfants sont divisés en deux groupes: 3-4 ans et 4 ans et demi à 6
ans. Ils travaillent avec l’aide de l’éducatrice et d’une stagiaire. A
10h.30 vient l’heure de la récréation pour les enfants sous la surveillance
permanente des éducatrices, pendant que les stagiaires mettent en place les
tables pour le repas de midi dans les deux salles de classe servant de réfectoires. Après le repas, aux environs de 12h.45, les enfants montent dans
les dortoirs situés aux étages supérieurs pour y faire la sieste (obligatoire et surveillée par la stagiaire qui s’occupe du premier accueil le matin) la sieste prend fin à 14h.30 en même temps que se termine le travail
de la journée pour la stagiaire en question.
Avec l’aide des éducatrices présentes, les enfants s’habillent afin de
prendre le goûter préalablement préparé par une autre stagiaire.
Les activités scolaires reprennent à 16 heures, cela jusqu’à 18 heures.
C’est-à-dire jusqu’au moment où les parents arrivent normalement pour venir
chercher leur progéniture. La personne - la même qui prend la relève dès
7h.30 du matin lors de l’accueil des enfants - chargée de recevoir les parents jusqu’au moment de la fermeture de la crèche (18h.30) est souvent en
poste bien au-delà de 19 heures en raison de l’arrivée tardive de parents
peu scrupuleux. Du reste ce sont souvent les mêmes qui frappent à la porte
bien avant l’ouverture.
En principe, le seul moment de la journée offert aux parents de pouvoir
discuter des problèmes avec le personnel de la crèche se situe au moment
des accueils, c’est-à-dire tôt le matin ou en fin d’après-midi, à partir de
16 heures.
Le travail de relation crèche-parents est effectué d’habitude par Lucy
Rottet (responsable de l’accueil). Ce travail est réalisé au mieux de sa
conscience et comporte plusieurs aspects liés au service social qu’attendent les familles des enfants.
Place dans le système institutionnel
La crèche fait partie des nombreuses activités du CSI, c’est du reste
peut être la plus importante et la plus notoire. Le Comité, qui entretient
des relations avec le père Pietro de la Mission catholique italienne, a des
relations étroites avec le Comité des parents et le personnel dans le but
d’assurer les meilleures conditions de travail possibles.
A Fribourg, cette crèche est la seule qui prépare les enfants à leur entrée scolaire (primaire).
Les usagers et leur milieu
Profil socio-économique
Les enfants de travailleurs immigrés venant de tous pays constituent
l’effectif de la crèche. Actuellement, 50% des enfants sont d’origine portugaise, les autres viennent d’Italie, d’Espagne, du Brésil, de la Turquie,
du Chili, de Tunisie, du Zaïre, de Roumanie, et de Suisse.
Pour la plupart, les parents n’ont aucune formation qualifiée. Ces derniers sont par ailleurs souvent illettrés et travaillent en Suisse comme
ouvriers ou manoeuvres. Certains même travaillent "au noir" comme filles ou
garçons de buffet dans divers établissements publics. Quant à la majorité
des mères de familles, elles sont "femmes de ménage" ou encore "gardes
d’enfants".
Ces gens sont au bénéfice de revenus modestes, c’est pourquoi la crèche,
jouant son rôle social, ne demande qu’une faible participation financière
de 380 francs mensuellement par enfant, y compris les repas. La plupart des
parents habitent dans des studios en ville ou dans la périphérie immédiate.
Une certaine proportion d’enfants de la crèche sont fils ou filles de requérants d’asile venus de Turquie, Yougoslavie, Roumanie et du continent
Africain.
Profil psycho-social
On peut observer auprès de la majorité des familles une attitude négative ou de méfiance face aux indigènes. Venus de milieux défavorisés, de culture et de tradition différentes, ils voient comme une ingérence dans leur
milieu et comme une possible altération de leur manière d’être l’éducation
dispensée à leurs enfants en milieu étranger. Souvent, les parents négligent ou ne valorisent pas le travail de leurs enfants. L’hostilité des
Suisses souvent affichée vis-à-vis des étrangers se traduit par une certaine méfiance. Et si les parents tiennent à procurer une éducation à leurs
enfants, ils tiennent aussi et surtout à sauvegarder pour leurs enfants une
identité susceptible de ne pas trop les déraciner, ils tiennent aussi à
préserver pour ceux-ci un équilibre entre les traditions vécues en famille
et les principes d’éducation (au sens large) que la crèche est suceptible
de procurer.
Profil existentiel
Les parents, qui viennent des milieux culturels les plus divers, appartiennent en outre à des confessions différents: catholique, protestante,
musulmane, bouddhiste. Ce qui rend difficile mais intéressante la préparation des fêtes religieuses ou autres manifestations en rapport avec la religion de chacun des enfants. Les parents n’ont souvent que très peu de
contacts avec la population locale. Ils n’en entretiennent pas davantage
avec les autres communautés étrangères, préférant en cela se grouper par
affinités, régionales ou nationales.
Relations avec l’institution
Les pays, les races et les confessions dont sont issus les enfants inscrits à la crèche constituent autant d’enrichissments en raison de la diversité culturelle et linguistique. Mis en présence quotidiennement les uns
des autres, les enfants font tomber un grand nombre de barrière et apprennent à découvrir l’autre grâce au dialogue que les responsables de la crèche
instaurent et provoquent. Ils n’ont pas le complexe de leur race, de leur
milieu et de leur croyance. La confiance en eux qui leur est ainsi donnée
représente un avantage certain avant d’affronter l’école primaire.
Les professionnels
Motivations, références personnelles
Le personnel de la crèche du CSI est composé de 5 employés: 2 éducateurs
de la petite enfance dont une assume la fonction de directrice; toutes deux
travaillent 8 heures par jour; 1 responsable de l’accueil matin et soir.
Cette tâche est confiée à une éducatrice-assistante sociale qui s’occupe le
matin d’organiser avec une stagiaire l’accueil des enfants le matin et celui des parents le soir. Elle assure de plus la continuité de l’activité
éducative.
Son travail d’intermédiaire entre les parents et la crèche est des plus
importants en raison de son statut d’éducatrice et d’assistante sociale
tout à la fois. Elle est par conséquent le lien indispensable entre l’institution et le monde extérieur. Son avis n’est pas moins important pour
aider à comprendre chaque enfant et son milieu familial.
En dehors des éducatrices et de la responsable de l’accueil, une cuisinière et femme de ménage s’occupe de préparer le repas et de faire les
achats ainsi que les nettoyages en général. Le personnel est complété par
deux stagiaires qui effectuent leur formation d’éducatrice. Ces dernières
participent 8 heures par jour à l’ensemble des activités de la crèche.
Trois remplaçantes complètent le cadre du personnel. Un personnel pas suffisament nombreux si l’on tient compte de la surveillance de tous les instants qu’il convient impérativement d’exercer sur les enfants, ne seraitce que pour éviter tout accident ou incident.
Volontariat
De temps à autre, la crèche dispose de collaborateurs bénévoles, des
étudiants universitaires, souvent, qui apportent leur contribution à différents moments de la journée. D’une manière générale, les conditions de travail sont difficiles en raison du manque de personnel et du nombre trop
élevé d’enfants. La capacité, de 40 places, est largement dépassée. Cela
alors même qu’existe une liste d’attente de 20 enfants plus quelques cas
urgents.
Ce groupe de travail est composé de professionnelles motivées par leurs
activités; toutes sont concernées par les différents problèmes qui se présentent. Problèmes par ailleurs discutés lors d’une réunion quotidienne, de
8h.30 à 9 heures, au cours de laquelle sont planifiées les activités de la
journée.
Méthodes et techniques de travail
Collaborations intra et extra institutionnelles
Le personnel de la crèche du CSI travaille en étroite collaboration avec
le Comité du CSI composé de 5 membres, dont le président, Mario Lepori,
mais aussi avec le Conseil pédagogique placé sous la responsabilité de Moreno Bernasconi, et avec la comptable, Maria Pia Vullo.
Le Comité du Centre est responsable de l’engagement du personnel spécialisé pour la crèche; de la recherche visant à améliorer le sort de la crèche, des soutiens extérieurs éventuels pour améliorer les finances, de
l’administration, des ressources de la crèche, du paiement des salaires, de
la supervision générale de l’institution, des relations avec les autorités
de la ville et autres institutions semblables.
La crèche, et par conséquent le CSI, collabore avec les diverses autres
crèches de la ville de Fribourg et les institutions spécialisées dans
l’éducation de la petite enfance.
De plus en plus, certaines écoles prennent conscience de l’importance du
travail réalisé par la crèche. Elles organisent dans ce sens des visites
périodiques et apportent leur contribution pédagogique. Autres formes de
collaboration, celle du Père Pietro, de la Mission catholique italienne à
qui sont loués les locaux de la crèche, qui grâce à son savoir manuel bricole, répare et entretient la crèche; celle des Soeurs de la même Mission,
grâce aux leçons de cathéchisme dispensées aux enfants. Sans compter les
collaborations qui s’expriment de différentes manières: dons d’argent, de
jouets, de livres, d’aliments et d’habits.
Perspectives professionnelles pepepepepepepepepep
La crèche CSI forme des professionnelles, principalement dans le domaine
de l’éducation. Mais elle à la possibilité de favoriser la formation d’une
assistante sociale, ce qu’elle fait actuellement du reste en mettant également l’accent sur le travail social que se doit de réaliser la crèche.
Evalutaion et compétence acquise dans l’engagement professionnel
Relation de la stagiaire avec la crèche CSI
On peut affirmer que l’expérience de formation faite auprès des enfants
de la crèche CSI est bonne et complète, car la même personne acquiert une
formation d’éducatrice tout en se sensibilisant aux problèmes sociaux. Avec
les enfants issus de diverses cultures, parlant des langues différentes et
provenant de milieux sociaux généralement modestes, rend le travaill de la
stagiaire (et des éducatrices) enrichissant, même si parfois, il est réalisé dans des conditions difficiles.
Le personnel doit ainsi être à même de faire preuve d’imagination pour
pouvoir dialoguer avec des enfants ne s’exprimant pas en français.
Les parents et les enfants avec lesquels a à faire le personnel peut par
conséquent servir de base à une formation plus ou moins complète dans le
domaine éducatif et social. En règle général, les relations entre les stagiaires et maître de stage sont bonnes. La dirctrice actuelle de la crèche,
Dominique Favre, est particulièrement ouverte et bien organisée dans son
travail. Toujours prête du reste à aider ses collaborateurs et à partager
ses propres expériences. Une bonne entente règne au sein du personnel et
avec les autres institutions semblables de la ville de Fribourg et d’ailleurs.
Le système de travail est par contre passablement astreignant (4 personnes pour 40 enfants et plus). la quantité excessive d’enffants inscrits,
les dificultés de coomunication pour des raisons de langue, le manque de
jeux pour les gosses, les locaux vetustes et petits, limités et inadéquats,
rendent les journées pénibles autant pour les enfants que pour les employées. Des employées qui débordentlargement du cahier des charges auquel elles
sont pourtant soumises.
Relations stagiaires-usagers
Par ce travail, grandes sont aussi les expériences et les connaissance
qui s’acquierent en ce qui concerne l’éducation de la petite enfance. Grande est aussi l’expérience s’agissant de la maîtrise des différents problèmes inhérents aux contacts avec des familles d’immigrés: déracinemnt, démembrement de la famille, difficultés d’insertion dans la société, problème
de travail, chômage, de logement, horaire de travail excessif, manque de
ressources financières, déchirrement des couples, violence vis-à-vis des
enfants, etc.
Par ce travail, toute possibilité est donnée d’apprendre à connaître les
problèmes humains. A noter qu’en raison des difficultés de communications
avec les parents ne parlant pas le français, les liens communicatifs se
réalisent souvent grâce aux enfants qui servent d’interprètes entre leurs
parents et les éducateurs.
Sur un plan général, en dépit des barrières linguistiques, les relations
avec les parents sont bonnes. Nombre d’entre eux confient leurs problèmes.
Ce qui aide à mieux comprendre et à mieux aider les enfants confiés à la
crèche. Des enfants qui acceptent très bien les éducatrices, stagiaires et
assistante sociale. Une bonne ouverture vis-à-vis d’eux est sans doute la
meilleure manière de les comprendre et de les aider à évoluer dans une société étrangère qu’ils affrontes en dehors de la crèche. Des enfants toujours prêts à considérer comme importante les personnes qui les entourent
dans la crèche. Important pour leur développement, autant affectif qu’intellectuel. Des enfants encore qui font preuve de beaucoup d’attachement et
de confiance à l’égard des éducatrices. Même réalisées avec peu de moyens
(budget restreint), les méthodes éducatives utilisées dans le cadre de la
crèche ont fait leurs preuves.
Complémentarité des fonctions d’éducatrice et d’assistante sociale
La pratique acquise dans le travail social et dans celui de l’éducation
permet de forger de solides connaissances et de se motiver à continuer dans
cette voie. Le côté social et le côté éducatif sont ici parfaitement compatibles et complémentaires. Le travail éducation/assistance demande beaucoup
d’énergie, une grande faculté de réaction et une rapidité d’exécution qui
ne permet en aucun cas la moindre distraction.
Aux côtés de l’ensemble du personnel de la crèche, grâce à un travail
consciencieux, il est loisible de perfectionner son sens de l’observation
et d’analyse, mais aussi de compréhension des problèmes que représente
l’immigration. Un problème qui touche de près deux qui l’abordent. Et qui
ne peut qu’intéresser ceux qui se consacrent dans le domaine éducatif et
social liés aux problèmes de l’immigration, notamment.