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    le Centre International de Rencontres et d’Etudes de l’Opus Dei

    Opus Dei : Les citoyens du Pâquier refusent à deux contre un (130689)

    L’Oeuvre ne baisse pas les bras et cherche de nouveaux terrains

    Le Pâquier/Fribourg, 13juin(APIC) C’est à deux contre un que les citoyens

    de la commune du Pâquier, en Gruyère, ont refusé le 12 juin le projet d’un

    Centre International de Rencontres et d’Etudes de l’Opus Dei. L’Opus Dei,

    une organisation laïque catholique, voulait par le biais d’une association

    acheter 16’000 m2 de terrain communal pour ériger son Centre, devisé à 20

    ou 30 millions de francs. Elle ne baisse cependant pas les bras et s’est

    d’ores et déjà mise à la recherche d’autres possibilités. Doyen du décanat

    de Gruyère, le P. Joseph Tschugmell, à Broc, s’est déclaré "soulagé" de

    l’issue du vote, soulignant que dans le décanat, on n’avait pas eu de position précise mais des réticences face à ce projet.

    Comme l’a précisé mardi à l’agence APIC le prof. Edgardo Giovannini, à

    Fribourg, président de l’association, l’oeuvre va poursuivre ses recherches

    de terrains ou de bâtiments dans d’autres endroits de Suisse, "dès demain

    si c’est possible". Dans un communiqué, l’abbé Augustin L. Kindler, à Zurich, vicaire régional de l’Opus Dei en Suisse, "regrette la campagne de

    certains opposants qui a rendu difficile la présentation du projet dans un

    climat serein et objectif".

    Réunis en assemblée extraordinaire lundi soir, après un vote à bulletin

    secret, 163 citoyens ont dit non au projet contre 89 et 9 abstentions. Les

    citoyens du Pâquier étaient venus nombreux pour décider du sort de ce projet contesté par certains milieux mettant en cause l’orientation de l’Opus

    Dei. En 1978, l’Opus Dei avait déjà voulu ériger un tel Centre international à Schongau, dans le canton de Lucerne, mais s’était également heurtée à

    un refus de la population locale.

    Ancien recteur de l’Université de Fribourg et professeur de chimie organique à la retraite, E. Giovannini précise que ce Centre devait servir

    d’abord à former les membres de l’Opus Dei en Suisse. Au nombre de 15 à

    Fribourg, les membres de l’Oeuvre sont entre 100 et 150 au plan suisse et

    70’000 dans le monde. Il existe déjà de tels Centres en France, en Espagne,

    en Italie, en Autriche et en Allemagne, mais celui du Pâquier aurait également accueilli des étrangers. "Dommage pour les gens de la Gruyère, on a

    raté là l’occasion de faire de la propagande touristique de tout premier

    ordre", ironise le prof. Giovannini.

    Les raisons de l’échec : "hostilité à la politique familiale du pape"

    Pour expliquer ce deuxième échec - après la déconvenue de Schongau il y

    a une dizaine d’années - E. Giovannini estime que "c’est un groupe fortement représenté et actif qui n’entend pas accepter une politique familiale

    comme la proclame le pape Jean Paul II" qui a fait la différence. A son

    avis, ce sont les catholiques partisans de la contraception et de l’avortement qui se sont opposés à l’Opus Dei.

    Le prof. Giovannini explique la mauvaise image de l’Opus Dei par la

    "désinformation" dont l’oeuvre fait l’objet. Ainsi, concernant ses sympathies politiques : si deux membres de l’Opus Dei ont accepté d’aider comme ministres le dictateur Franco, "c’étaient deux économistes de valeur,

    ils l’ont fait pour le bien commun, pour résoudre les problèmes urgents de

    l’économie espagnole, en prenant le risque d’être plus tard des victimes".

    En principe, un membre de l’Opus Dei peut appartenir à n’importe quel

    parti politique, à condition qu’il ne fasse pas une politique en opposition

    avec le magistère de l’Eglise catholique : "le communisme est cependant exclu, parce qu’il a été condamné par le magistère", tient-il à souligner.

    Un certain élitisme

    Réfutant les accusations "d’élitisme", le prof. Giovannini affirme qu’il

    y a des membres de l’oeuvre dans toutes les couches sociales et que sa doctrine sur le travail - moyen de sanctification - "estime le travail du cantonnier ou du cordonnier aussi digne que n’importe quel travail d’un membre

    des professions libérales". Il admet cependant que les "numéraires" de

    l’Opus Dei (ce sont des célibataires exerçant une profession - médecins,

    avocats, etc., vivant en communauté, pauvrement, et mettant tout leur temps

    et leur argent à disposition) peuvent prendre les fonctions directrices au

    sein de l’oeuvre que le cordonnier ne pourra pas prendre. "Chacun selon ses

    facultés", précise-t-il.

    Lui-même "surnuméraire" de l’Opus Dei (parce qu’il est marié, il ne

    pourra jamais devenir "numéraire", alors que s’il était veuf, il pourrait

    devenir prêtre; il pourra cependant devenir "agrégé"), il consacre chaque

    mois, comme les autres membres, une partie de ses revenus pour l’oeuvre. A

    part les "numéraires" et les "surnuméraires", l’Opus Dei recrute également

    des prêtres diocésains, qui deviennent membres "à titre personnel, tout en

    restant à la disposition totale de leur évêque", dans le but d’y trouver

    leur nourriture spirituelle, tandis que les prêtres de l’Opus Dei, membres

    de la Société sacerdotale de la Sainte Croix, dépendent directement du

    Prélat de l’Opus Dei à Rome. Si nous sommes-nous seulement quinze à Fribourg, c’est que l’oeuvre est très exigeante, précise-t-il : "avec tout le

    mal que l’on a dit de l’Opus Dei, pour devenir membre, il faut du courage".

    Quant à l’usage du cilice et de la flagellation dans un but de mortification, le prof. Giovannini précise que chacun est libre face à cela : "j’en

    suis membre depuis vingt-cinq ans et je n’ai jamais porté de cilice; mais

    pour des jeunes qui sont célibataires, c’est un moyen qui permet de se rappeler que Dieu existe et qu’il exige de la fidélité..." (apic/be)

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