Genève, 8février(APIC) Nous vous annoncions dans notre édition du 7
février qu’une commission de l’ONU avait repoussé une proposition du SaintSiège sur le droit de l’enfant dès sa conception. Le Père Raymond Roch de
la délégation du Saint-Siège à l’ONU nous a appris ce lundi 8 février que
la proposition n’avait été lue par lui-même qu’après le vote des quatorze
délégations, qu’elle n’avait donc pas été soumise au vote des délégations.
Le groupe de travail des Nations-Unies chargé de rédiger un projet de
Convention des Droits de l’Enfant a eu un débat, pour les quatorze délégations, au sujet du projet 4bis présenté par la République Fédérale d’Allemagne sur la filiation des enfants nés hors mariage. La délégation du
Saint-Siège n’a pas participé au débat. Ce projet demandait une protection
spéciale pour les enfants nés hors mariage. Les pays scandinaves, en particulier la Finlande, se sont opposés à la formulation de la République
Fédérale d’Allemagne.
Une fois que ce débat a été terminé, on a adopté un paragraphe 1bis
art.1 qui reprend le texte des pactes internationaux sur le Droit des Enfants à la Vie. C’est une fois le texte approuvé, et seulement à ce momentlà que le Père Roch, au nom du Saint-Siège, a fait une déclaration que nous
reproduisons in extenso.
"M. le Président, ma délégation aimerait, avec votre permission, pouvoir
faire une déclaration d’ordre général sur l’art.1 et sur le paragraphe 1 de
l’art 1bis déjà adopté. La délégation du Saint-Siège comprend, dans sa philosophie du droit et dans son éthique, la notion de vie comme une globalité
depuis son commencement jusqu’à la mort et au-delà dans la survie. Le
Saint-Siège ne considère pas l’acte de naître comme un commencement des
Droits de l’Enfant. Pour le Saint-Siège, l’enfant et sa vie commencent au
moment-même de la conception qui est la transmission de la vie dans le mariage, institution naturelle à laquelle est confiée exclusivement la mission de transmettre la vie. En conséquence, l’infans conceptus (l’enfant
conçu) est sujet de droit. La vie d’un être humain doit être, pour le
Saint-Siège, absolument respectée et protégée dès le moment de la conception. Ma délégation demande que sa déclaration soit inscrite dans le rapport du comité et à cette fin, elle en fournira le texte au secrétariat
pour lui faciliter la tâche."
Immédiatement après cette déclaration, deux délégations ont pris la parole. Celle des Etats-Unis, puis celle de la France, qui ont toutes deux
demandé si le Saint-Siège voulait réouvrir le débat sur ce point. Le Père
Roch a alors répondu: "A ce stade, le Saint-Siège ne demande pas de
réouvrir le débat, il a demandé simplement comme vous venez de l’entendre
dans la déclaration qu’elle soit notée dans le rapport final." En effet, il
va encore y avoir plusieurs stades dans le débat. La dexième lecture aura
certainement lieu l’année prochaine. Selon le Père Roch, "c’est un premier
pas que fait le Saint-Siège dans une note générale ou il marque très bien
quelle est sa position. Il ne faut pas aller plus loin." (apic/bd)