Genève, 1erfévrier(APIC) M. Alioune Sene, représentant permanent du
Sénégal auprès des Nations Unies à Genève a été élu président de la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU. La quarante-quatrième session annuelle
de la Commission qui s’est ouverte hier à Genève, durera jusqu’au 11 mars.
"Un homme avec énormément de prestige" - c’est ainsi que Mgr Justo Mullor Garcia, observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’ONU, a désigné
le nouveau président de la Commission. "Il sera un bon messager de la sagesse africaine" a ajouté le nonce apostolique.
La Commission est l’organe principal de promotion et de défense des
Droits de l’Homme de l’ONU. Elle est commposée de 43 Etats membres qui ont
chacun une délégation composée en principe de diplomates avec, à la tête,
un ambassadeur. Cette année pourtant, les Etats-Unis ont nommé M. Armando
Valladares à la tête de leur délégation qui est un ancien prisonnier cubain, mais aujourd’hui naturalisé américain. Il avait été libéré en 1984
grâce à l’invention de militants des Droits de l’Homme et à la propre demande du président français François Mitterrand.
Le nouveau président de la Commission s’est attaché, dans son discours
d’ouverture, a souligné l’importance du dialogue et a souhaité que tous les
membres de la Commission ne s’attardent pas trop à des considérations politiques, mais "coopérent ensemble pour la défense de la dignité humaine".
"Car les Droits de l’Homme -a encore déclaré M. Sene- sont appelés à occuper toujours plus d’importance dans les relations internationales". Notre
humanité s’achemine inéluctablement vers des aspirations de tous les hommes
pour la promotion de leurs droits et l’aspiration au bien-être. Des droits
"à la portée de la volonté humaine".
Le Directeur du Centre des Droits de l’Homme, M. Jan Martenson (qui est
également Directeur du siège européen de l’ONU) a souligné, quant à lui,
l’importance du rôle de la Commission. Après avoir posé les principes fondamentaux en matière de Droits de l’Homme, elle est aujourd’hui devenue
également un organe de contrôle. Ce qui constitue le moyen le plus efficace
de veiller à l’application des normes en vigueur -estime M. Martenson. la
plupart des enquêtes organisées par la Commission se déroulent directement
sur le terrain (comme pour le Chili, l’Afghanistan par exemple). Elles
relèvent donc d’une expérience directe et personnelle des faits. Disposant
d’une information directe, la Commission voit l’efficacité de son action
considérablement renforcée.
Outre des rapports sur le Chili, l’Afghanistan, le Salvador et l’Iran,
figurent également à l’ordre du jour la torture, les disparitions forcées,
les violations dans les territoires occupés par Israël et en Afrique australe pour lesquelles des rapports spéciaux seront présentés et discutés.
Le problème de l’apartheid, "cet abominable système" ainsi que l’a défini
M. Jan Martenson, sera également dénoncé.
Un rapport sur l’intolérance et la discrimination fondées sur la religion ou la conviction, figurent aussi à l’ordre du jour de la Commission.
Il s’agit du deuxième rapport sur la question établi par M. Angelo Vidal
d’Almeira Ribeiro, ambassadeur colombien. La nomination de M. Ribeiro date
de juillet 1986 conformément à la décision prise, lors de la 42ème session
de la Commission, de nommer un rapporteur spécial sur cette question.
(apic/ar/bd)