"Nous femmes et le sida"
Lucerne/Olten, 22janvier(APIC) Le sida est une maladie mortelle transmise
par le sang et "le sexe". Plus que toute autre maladie, il est lourd de tabous, de peurs et d’implications morales. Le sida nous contraint à prendre
des responsabilités et les femmes sont concernées d’une manière particulière. C’est ce qui ressort de la journée d’étude de la Ligue suisse de femmes
catholiques tenue récemment à Olten sur le thème "Nous femmes et le sida".
Zita Küng, juriste et co-fondatrice de l’Association "Femme et sida" a
exposé les raisons pour lesquelles les femmes sont tout spécialement amenées à prendre leurs responsabilités. Selon elle, "le domaine de la sexualité est encombré de tabous et de connotations morales. Ce n’est qu’avec
beaucoup de peine que nous arrivons à être au clair avec notre propre sexualité. Depuis des siècles l’Eglise a traité de la sexualité comme d’un
domaine à part. Cela explique pourquoi il nous est si difficile de la considérer comme un élément constitutif de la personne. Les conséquences qui
en découlent sont: préjugés, attitude défensive, projection de ses fantasmes sur les autres.
Invité à s’exprimer durant cette journée, Hans Halter, professeur de
théologie morale, a relevé que la prévention et la non- propagation de la
maladie sont les premiers devoirs éthiques, aussi bien pour l’individu que
pour la société. A l’Etat de donner une information claire, accessible aux
citoyens et aux citoyennes; aux Eglises les implications morales. Mais là
aussi, pense-t-il, il y a limite: "C’est ainsi qu’à Rome on n’accepte que
deux méthodes de protection: la fidélité sexuelle absolue dans le mariage
et l’abstinence. L’emploi du préservatif est totalement interdit, ainsi que
tout autre moyen artificiel". Et Hans Halter d’ajouter: "Même si l’on
rejette ce que dit le magistère, on doit faire une différence entre l’usage
du préservatif comme moyen de contraception et comme moyen d’éviter la
transmission d’une maladie mortelle".
Une autre tâche importante doit être prise en compte par les Eglises,
précise encore Hans Halter: "La prévention de toute forme de discrimination. Elles doivent réagir fermement contre l’idée que le sida est un châtiment divin. Derrière cette vision se cache, pour bien des gens, une ’effrayante image de Dieu’; pour d’autres, cette manière de voir est inacceptable". Et de poser les questions: "Pourquoi des enfants innocents seraient-ils atteints puisqu’ils n’ont pas péché?. Pourquoi ne sommes-nous pas
malades, car tous nous avons commis des fautes?" Refusons donc cette hypocrisie, a conclu le professeur Halter. (apic/com/pr)