Oeuvres Pontificales Missionnaires d’Europe réunies en Belgique (130492)
Bruxelles, 13avril(APIC) Pour renouveler la solidarité entre Eglises du
Nord et du Sud, les principaux responsables des Oeuvres Pontificales Missionnaires (OPM) d’une quinzaine de pays d’Europe entendent privilégier les
rapports directs avec des partenaires concrets, tout en sauvegardant le
principe d’une solidarité universelle. C’est une des orientations majeures
qui se dégagent de la récente rencontre de ces responsables à Bruxelles.
Les OPM, dont les débuts remontent au siècle dernier, ont connu un nouvel essor depuis le Concile Vatican II. Aujourd’hui, présentes dans 104
pays, elles constituent les maillons d’un vaste réseau de solidarité au
service de 950 diocèses catholiques à travers le monde.
Ce réseau tire à la fois sa raison d’être et son dynamisme du principe
de la solidarité universelle: chaque Eglise locale a le droit d’être aidée
et aucune ne peut être oubliée. Ce principe se double jusqu’ici de la règle
de l’anonymat quant à la provenance des subsides accordés aux diocèses demandeurs. Les bénéficiaires sont ainsi assurés d’une aide désintéressée.
D’ailleurs, lors de la discussion annuelle des projets à financer, les directeurs nationaux des OPM réunis à Rome disposent tous d’une même voix,
que leurs diocèses aient versés dix dollars ou un million.
Le poids de l’Occident dans le soutien matériel accordé aux jeunes Eglises est prépondérant. Ainsi, grâce à la générosité des catholiques d’Europe, quelque 100 millions de dollars (sur un montant atteignant près du double à l’échelle mondiale) seront distribués cette année pour répondre aux
besoins des diocèses les plus pauvres. La plus grande part de l’aide ira
vers l’Afrique et vers l’Asie. Les subsides accordés permettront, entre autres, de pourvoir à la subsistance quotidienne de nombreux prêtres du tiers
monde, de former des catéchistes, de bâtir ou d’aménager des locaux commnuautaires, de financer une revue diocésaine en encore de soutenir une radio
catholique régionale.
"Où va notre argent?"
Jadis, le soutien accordé par les chrétiens du vieux continent aux jeunes communautés fondées au loin passait notamment par des relations privilégiées avec des missionnaires connus. Quelle paroisse n’a pas réservé un
accueil généreux au prêtre ou à la religieuse qui, à chaque retour au pays,
venait faire le récit de ces dernières aventures missionnaires?
A présent que les "missions" d’hier sont devenues de véritables Eglises
locales placées sous la responsabilité de personnes autochtones, les OPM
invitent à dépasser l’aide accordée à "nos" missionnaires pour l’ouvrir à
la solidarité avec toutes les communautés ecclésiales du monde.
Mais le passage par une grande institution n’est pas aussi mobilisateur
que le visage et l’histoire d’une personne concrète. Le missionnaire, par
sa présence et son expériences vécue, a toujours inspiré la confiance des
paroissiens, qui savaient d’avance à quoi allaient servir les dons qu’ils
lui confiaient. En revanche, des questions se posent désormais chez les donateurs des OPM: "Où va notre argent?"
Les directeurs européens qui se sont retrouvés à Bruxelles au début du
printemps prennent ces questions très au sérieux. Ils observent, en effet,
que pas mal d’organisations gouvernementales, y compris dans l’Eglise, suscitent d’autant plus d’intérêt qu’elles peuvent montrer des partenaires en
action et donner la parole à des témoins. Non seulement cette transparence
est de nature à nourrir la confiance, mais elle est aujourd’hui requise
dans plusieurs pays d’Europe: pour accorder aux donateurs le bénéfice d’une
exonération fiscale, on exige de connaître la destination de l’argent.
La transparence en pratique
Dans le contexte actuel, estiment les principaux responsables européens
des OPM, il faut multiplier les contacts personnels et les échanges directs
entre les Eglises si l’on veut stimuler leur solidarité. Les participants
de la rencontre européenne de Bruxelles ont d’ailleurs envisagé de centraliser et d’exploiter ensemble, avec le concours de professionnels, les informations sur les projets soutenus.
Dans un mois, les directeurs nationaux des OPM de 104 pays tiendront à
Rome leur assemblée générale annuelle. Les directeurs d’Europe y présenteront leur nouvelle proposition: garder le principe d’un fonds commun universel, dont les ressources, après approbation des projets par l’assemblée
générale, seront distribuées par les directeurs nationaux aux diocèses demandeurs; renforcer la communion entre les Eglises et susciter la solidarité des fidèles avec les jeunes Eglises par une meilleure information sur
les projets qui s’y développent.
Les responsables des OPM d’Europe qui se sont réunis à Bruxelles ont bon
espoir que les jeunes Eglises approuveront ce souhait d’une plus grande
transparence. Il sert, en effet, le principe de la solidarité universelle,
tout en permettant de mobiliser davantage les chrétiens pour la mission.
(apic/cip/pr)