Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Vers la fin des condamnations mutuelles des Eglises du XVIe siècle?

    Oecuménisme: la levée des anathèpmes réciproques (081093)

    Pierre Vuichard, pour l’Agence APIC

    Fribourg, 8octobre(APIC) La question de la levée formelle des anathèmes

    réciproques du temps de la Réforme est un thème important du dialogue oecuménique. Konrad Raiser, secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises a exprimé récemment le souhait que la levé des condamanations puisse

    avoir lieu en 1998 à l’occasion du 50e anniversaire du COE. Pierre

    Vuichard, co-président de la Commssion de dialogue évangéliques catholiques- romains de Suisse, donne pour l’APIC un histoire de la question et

    fait le point sur la situation actuelle.

    Le grand problème des Eglises au XVIe siècle, la pierre d’achoppement

    fut les divergences fondamentales sur la "justification par la foi". Voilà,

    au dire de Luther, ce qui faisait "tenir ou tomber l’Eglise." De part et

    d’autre de cette différence, de ce fossé, on s’est lancé des anathèmes. Les

    documents officiels des catholiques et des protestants allaient prolonger

    et durcir les condamantions mutuelles. Ces positions antagonistes furent la

    base d’attitudes mutuelles de rejet, de polémique et de mépris. Passant sur

    le terrain politique, elles aboutirent aux guerres de religion que l’on

    sait.

    Les guerres de religion suscitèrent en retour au XVIIIe siècle la notion

    de "tolérance civile" chez beaucoup de grands esprits, en particulier chez

    les philosophes. Cette tolérance relative dans une coexistence pacifique de

    gens contraints de vivre côte à côte fut heureusement relayé au début du

    siècle par le mouvement oecuménique. Il est venu de l’intérieur des Eglises

    comme une impulsion de l’Esprit vers l’unité du Père, du Fils et de

    l’Esprit. Il va bien au-delà de la tolérance.

    Le peuple chrétien est entraîné parallélement dans les deux mouvements,

    tolérance et unité. Dans l’esprit de beaucoup cela ne fait qu’un. Comment

    expliquer sinon que l’énorme pierre d’achoppement, la montagne de la

    "justification par la foi", n’apparaisse pratiquement plus dans la

    discussion et les échanges. Ni dans la prière au sein de multiples groupes

    pluri-confessionnels, ni lorsqu’on parle de l’Evangile ou de la Bible? Ce

    qui a provoqué la fracture des Eglises serait-il devenu maintenant

    transparent? La volonté d’aller de l’avant dans un esprit de sympathie,

    d’ouverture, de tolérance et d’espérance, est si forte qu’on oublie souvent

    d’où l’on vient. Ne veut-on pas le savoir?

    Des théologiens allemands, comme on le sait, ont, sur la suggestion de

    Jean Paul II, empoigné le sujet. Ils ont travaillé d’arrrache-pied entre

    1981 et 1985. Les résultats des travaux ont été publié dans un volume traduit en francais sous le titre: "Les anathèmes du XVIe siècle sont-ils encore actuels?" (1989). Une première réponse officielle du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens est venue en mars dernier. Il y est dit

    clairement que la conception luthérienne de la "justification par la foi"

    n’est plus séparatrice des Eglises. Ce qui signifie que si c’était à refaire avec les explications réciproques que l’on se donne aujourd’hui, on ne

    se séparerait plus. Donc qu’on serait toujours ensemble.

    Depuis lors les choses font leur chemin. En 1989, déjà un second volume

    présentait les matériaux de base qui avaient permis d’aboutir aux déclarations contenues dans le premier volume. On peut se rendre compte de l’ampleur des efforts fournis par les théologiens. L’un deux ne disait-il pas:

    "A la fin nous étions épuisés, mais transformés". Une confrontation loyale

    qui va jusqu’au bout dans la charité est terriblement exigeante. Une vérité

    plus large et plus haute, englobant les vérités particulières, est un sommet qui se concquiert de haute lutte.

    En un sens cette lutte est analogue à celle des Réformateurs et de leurs

    adversaires au temps de la Réforme. Le combat d’aujourd’hui pour converger

    dans la vérité est un hommage aux gens du XVIe siècle. On dit parfois: le

    dialogue est inutile, agissons!

    On a beau vouloir négliger les grands problèmes tels que la justification par la foi, ils accompagnent toujours en sourdine la discussion. Selon

    la solution oecuménique qu’on leur donne, ils font le poids ou la légéreté,

    le frein ou l’attrait des Eglises en voie de convergence. Mais rien de sensiotnnel qui fasse la une des journaux. En les abordant avec sérieux cependant, ils nous convertissent.

    On trouvera des personnes pour dire que les résultats du dialogue sont

    insuffisants. Ces théologiens diront qu’il "leur manque quelque chose" dans

    la formulation doctrinale proposée! Normal. Ce genre de recherches barre la

    route à toute radicalisation des doctrines confessionnelles, la grande tentation d’aujourd’hui. Si chacun considère l’énoncé de sa doctrine comme un

    cristal pur, pas de convergence possible, mais des chocs et des étincelles!

    le dialogue oecuménique est l’opposé de l’intégrisme.(apic/Pierre Vuichardmp)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus