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    /Jérusalem/blocus des Territoires palestiniens/déclaration de Justice et

    Objet: Justice et Paix J? Jerusalem et le blocus palestinien ---------

    Paix/

    Justice et Paix: une population palestinienne otage pour cause de campagne

    électorale en Israël et aux USA =

    Jérusalem, 29 mars 1996 (CIP)

    "Si la fermeture des Territoires palestiniens continue de fait °...§

    jusqúaprès les élections législatives israéliennes, dans la deuxième moitié

    de mai, la base du soutien à tout le processus de paix actuel dans la

    population palestinienne diminuera considérablement d’ici là" tandis que

    les conditions de vie vont se détériorer de plus en plus: c’est

    l’avertissement que fait entendre la Commission Justice et Paix de

    Jérusalem. La mise en garde est adressée à Israël, mais aussi à tous les

    gouvernements occidentaux.

    Dans une longue déclaration, la commission rappelle la condamnation

    quasiment générale par la population palestinienne des derniers attentats

    meurtriers, suite auxquels les autorités israéliennes ont imposé un blocus

    total sur l’ensemble des territoires palestiniens. C’est un "coup très dur

    pour le processus de paix", et non une conséquence directe de ce processus

    comme beaucoup le pensent en Israël, affirme la commission, pour qui ces

    attentats sont "le fait que quelques extrémistes" opposés au processus de

    paix et de "desespérés" que la lenteur de celui-ci a poussés à bout.

    Tout en condamnant ces attentats, qui "ne peuvent trouver aucune

    justification", la commission ne voit pas dans le blocus des Territoires

    "un moyen efficace et acceptable", d’autant plus qú"aucune fermeture, aussi

    stricte soit-elle, ne peut offrir une garantie absolue contre tout

    attentat". Le grand défi est de vaincre le terrorisme avec des moyens

    démocratiques, dit-elle. Répondre par la violence, c’est "risquer de se

    laisser prendre dans l’engrenage et perpétuer le cycle des vengeances et

    des représailles". C’est "seulement en travaillant pour remédier aux

    injustices qui alimentent les ressentiments et permettent aux groupements

    terroristes de donner une apparence de justification à leur action, que

    l’on peut espérer éliminer un jour le terrorisme de façon radicale et

    permanente".

    Effet contraire

    Justice et Paix s’étend longuement sur les conséquences tragiques du

    blocus, même après son allègement (chômage forcé, situation sanitaire) pour

    montrer qúil "tend plutôt à produire l’effet contraire". L’impression de

    "punition collective" est encore renforcée par la destruction des maisons

    de ceux qui ont été impliqués dans les attentats: pour beaucoup, ce n’est

    pas seulement un blocus, mais "une réactivation de l’occupation purement et

    simplement".

    La commission ajoute qúun sentiment de soulagement l’avait emporté un peu

    partout après le retrait de l’armée israélienne des principaux centres de

    la Palestine occupée (à l’exception d’Hébron), alors que, pour beaucoup,

    les chefs palestiniens avaient "cédé sur trop de points, et trop vite", et

    qúils étaient désormais livrés "au bon vouloir arbitraire des Israéliens".

    Dans le même temps, "les prisonniers palestiniens n’étaient pas libérés

    comme prévu et les expropriations de terres palestiniennes continuaient".

    Une autonomie de façade

    Justice et Paix-Jérusalem parle de situation "contradictoire et irréaliste"

    quand les Territoires palestiniens sont "quadrillés" de routes destinées

    aux militaires et aux colons, réduisant l’autonomie palestinienne à

    "quelques îlots coupés les uns des autres". Difficile, dans ces conditions,

    d’échapper à l’impression que "cette prétendue autonomie n’est qúun leurre,

    un trompe-l’oeil", impression que ne fait que confirmer "la facilité et la

    rapidité avec lesquelles l’armée israélienne a pu fermer l’ensemble des

    Territoires palestiniens et prendre en otage sa population". Le

    désenchantement est "très douloureux et général" face à "cette impression

    de double jeu ou de duperie".

    Et la commission Justice et Paix d’avertir: "Si la fermeture des

    Territoires palestiniens continue de fait, comme il a été annoncé,

    jusqúaprès les élections législatives israéliennes, dans la deuxième moitié

    de mai, la base du soutien à tout le processus de paix actuel dans la

    population palestinienne diminuera considérablement d’ici là. Les

    conditions de vie vont se détériorer de plus en plus."

    Exiger de l’autorité palestinienne qúelle réduise son opposition quand la

    paix qui est offerte en échange n’en est pas une, c’est la mettre dans une

    situation impossible. C’est surtout contre-productif, fait valoir la

    commission, qui juge "inadmissible que la population palestinienne soit

    tenue en otage pour cause de campagne électorale, en Israël ou aux

    Etats-Unis d’Amérique".

    Le peuple palestinien veut la paix

    Pour Justice et Paix-Jérusalem, seule "une paix véritable dans la justice"

    permettra de trouver une solution à la violence et au terrorisme: "C’est en

    apportant une solution stable aux injustices, aux frustrations et aux

    humiliations qui sont à l’origine des réactions de rejet et de révolte que

    l’on privera les groupes extrémistes de tout semblant de justification et

    de toute base de support dans la population palestinienne."

    La commission interpelle ici les gouvernements occidentaux qui soutiennent

    le processus de paix au Moyen-Orient: il importe de faire progresser les

    pourparlers, non de les geler, et encore moins d’utiliser la menace de leur

    suspension comme un moyen de pression sur les autorités palestiniennes pour

    qúelles soumettent leurs opposants. "L’aide technique et financière aux

    Palestiniens doit continuer et devenir plus tangible, ajoute-t-elle, afin

    que la population palestinienne puisse constater de fait que le processus

    de paix va réellement améliorer ses conditions de vie. Alors, on pourra lui

    demander de patienter et de supporter, en attendant, les privations

    inhérentes à une progression lente".

    Le peuple palestinien veut la paix, il s’efforce de comprendre le besoin de

    sécurité que ressent le peuple israélien, mais il n’accepte pas d’être

    soumis "à l’arbitraire de la police et de l’armée israéliennes, qui

    pourraient à chaque instant lui interdire d’aller au travail, à l’école, à

    l’hôpital, à l’Eglise ou à la mosquée, voire l’empêcher de manger à sa

    faim", explique Justice et Paix, qui conclut: "Le peuple palestinien exige

    un début de liberté et de dignité, et demande que ce point de vue soit pris

    en considération, en même temps que le besoin de sécurité que proclament si

    hautement les autorités israéliennes et auquel l’Occident se montre bien

    peu sensible".

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