Objecteurs de conscience: la Suisse sur la sellette à la CSCE (260690)
Fribourg, 26juin(APIC) Parce qu’elle refuse encore et toujours un statut
pour les objecteurs de conscience, la Suisse sera une nouvelle fois sur la
sellette le 27 juin à Copenhague (Danemark) à l’occasion de la réunion de
la Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe CSCE). Plusieurs
organisations non gouvernementales seront appelées à s’exprimer dans le cadre de cette Conférence. Parmi celles-ci "Amnesty international" (AI), qui
présentera ce jour-là un dossier relatif à l’objection de conscience. Quatre objecteurs venus de pays dépourvus de statut à ce sujet témoigneront,
dont un Suisse, le Fribourgeois Frédéric Maillard, objecteur par conviction
religieuse, mais aussi en raison de son engagement en faveur des droits de
l’homme.
Lors de la réunion de la CSCE tenue l’an dernier à Paris, le Danemark,
avec d’autres pays, avait pris la résolution de faire en sorte de voir les
pays membres de cette organisation reconnaêtre le droit de refuser de servir dans les forces armées pour des motifs de conscience. Une résolution
qu’AI espère voir respecter en juin à Copenhague, dans la mesure où aujourd’hui encore plusieurs zones d’ombres demeurent en Europe . Et des gens
continuent à se faire emprisonner pour des raisons de conscience, y compris
et surtout par refus de servir l’armée.
Sur plus de 50 pays ayant inscrit le service militaire comme une obligation, la moitié d’entre eux environ ne reconnaissent pas aux personnes le
droit de refuser de servir, et 23 de ceux-ci ont emprisonné ces dernières
années des objecteurs de conscience. Une évolution notoire est toutefois à
relever dans les pays de l’Est où la Pologne, la RDA et la Hongrie ont rendu possible ce refus. La Tchécoslovaquie étant sur le point de leur emboîter le pas.
Neuf pays européens figurent au banc des accusés selon AI. La France,
l’Italie et l’Espagne, mais aussi et en particulier Chypre, la Finlande, la
Norvège, la Grèce, l’URSS et la Suisse, qui tous persistent dans leur attitude de punir par la prison l’objecteur de conscience. Comme l’est Frédéric
Maillard, l’un des quatres conférenciers invités par AI à s’exprimer le 27
juin à Copenhague sur son cas et celui de la Suisse. En septembre prochain,
il purgera sa peine. Emprisonné comme un vulgaire criminel. A l’instar de
ceux qui, en Suisse ou ailleurs, objectent pour des raisons de conscience.
(apic/pr)