« Le jugement humain sur la nullité matrimoniale ne devrait pas être manipulé par une fausse miséricorde ». C’est l’avertissement de Léon XIV en recevant les participants au cours de formation de la Rote romaine – cour d’appel des causes de nullité de mariage catholique –, le 21 novembre 2025.
Lors de cette audience, Léon XIV a recommandé que la réforme de son prédécesseur dans ce domaine ne soit pas réalisée « au détriment de la vérité » sur la situation des couples. Cette rencontre était marquée par le 10e anniversaire de la réforme (2015) du procès de reconnaissance de nullité matrimoniale voulue par le pape François, qui a simplifié les procédures dans le cas où des personnes souhaitent faire reconnaître la nullité de leur mariage catholique. Le pontife argentin a notamment aboli l’obligation d’une double sentence concordante et a introduit la possibilité d’un procès bref traité par l’évêque diocésain, dans les cas de nullité manifeste.
Cette réforme, qui vise « l’accessibilité et la rapidité des procès », ne doit pas se faire « au détriment de la vérité », a averti Léon XIV dans son discours devant les auditeurs et avocats chargés de statuer sur la validité des mariages religieux. Et d’insister : « Chaque fidèle, chaque famille, chaque communauté a besoin de vérité sur sa propre situation ecclésiale, afin de bien accomplir leur chemin de foi et de charité ».
Le pape, qui a été lui-même juge au tribunal ecclésiastique régional de Trujillo (Pérou) de 1989 à 1998 après avoir soutenu une thèse en droit canonique, a défendu le bien-fondé d’une procédure judicaire et non pas simplement administrative. Il ne s’agit pas, a-t-il insisté, d’un « enchevêtrement lourd de prescriptions procédurales » mais d’un « instrument de justice ».
Pour le « bien » des personnes, le pontife a demandé de garantir que toutes les parties, y compris le défenseur du lien – celui qui défend l’institution du mariage dans un procès – « puissent présenter les preuves et les arguments à l’appui de leur position », dans un débat conclu par « un juge impartial ». Il a incité à respecter les « exigences incontournables de la justice », sans les compromettre « au nom d’une compassion mal comprise » et sans laisser le jugement être « manipulé par une fausse miséricorde ». La « véritable miséricorde » est quant à elle mise en œuvre « dans l’exercice droit de l’autorité judiciaire », a-t-il ajouté.
Le chef de l’Église catholique a aussi défendu le mariage « fondé par le Créateur » et « norme du véritable amour entre l’homme et la femme ». Dans le traitement des causes de nullité, il a invité les magistrats à garder « la conscience de travailler au service de la vérité d’une union concrète, en discernant devant le Seigneur sur la présence du mystère d’ une seule chair’, qui demeure pour toujours dans la vie terrestre des conjoints, malgré tout échec relationnel».
Avant tout procès, Léon XIV a incité à « favoriser la réconciliation entre les conjoints », à trouver des accords « par la médiation et la conciliation », et à recourir « lorsque cela est possible, à la convalidation du mariage » – levée des empêchements qui permettent de régulariser un mariage non valide. (cath.ch/imedia/ak/mp)