Nouvelle loi Eglises-Etat en Valais (060492)
Sion, 6avril(APIC) Le peuple valaisan a accepté dimanche 5 avril par plus
de 77 % des voix la nouvelle loi sur les relations Eglises-Etat (LREE) en
Valais, à la satisfaction des milieux ecclésiaux et du Département de
l’Intérieur du canton du Valais. Le président du Conseil synodal de
l’Eglise réformée évangélique du Valais (EREV), le pasteur Richard
Follonier (Sierre), a déclaré: "L’Eglise réformée a tout à y gagner!"
"Les communes qui ne rétrocédaient pas proportionnellement au nombre de
réformés la part de ce qu’ils payent pour l’Eglise catholique y seront
contraintes par la nouvelle loi", a observé le président du Conseil
synodal, le pasteur Richard Follonier. Quelle sera l’importance de cet
apport financier? "C’est difficile à dire, estime prudemment M. Follonier,
mais on a tout à y gagner. La loi dit que les communes "peuvent" aider les
paroisses qui ne parviennent pas à subvenir leurs besoins. C’est un peu
flou mais cela laisse une porte ouverte. Le problème sera de mettre le pied
là où la porte est ouverte." Mais l’Etat lui-même peut également apporter
une aide financière aux Eglises. "Cela implique premièrement que l’Etat par
rapport aux Eglises, et les communes par rapport aux paroisses, auront un
droit de regard sur les comptes. Mais il y a surtout une base légale pour
l’aide financière."
Le fait que l’on ait largement évoqué la possibilité pour les personnes
n’appartenant pas à une des deux Eglises reconnues de se faire exonérer de
la contribution ecclésiastique aura-t-il un effet négatif sur les finances
de l’EREV? "Probablement oui, mais il y aura de fait un "plus" puisque certaines communes qui ne rétrocédaient pas la part protestante le feront à
l’avenir. Nous sommes de toute façon un peu gagnants dans l’affaire. J’ai
fait comprendre au Conseiller d’Etat Gertschen que nous dépendions encore
pour un tiers de notre budget de la solidarité des comités de secours. Cela
est ressenti par le Conseil d’Etat comme quelque chose d’un peu vexant,
puisqu’une Eglise de droit public dépend de contributions extérieures au
canton, alors qu’on reconnaît notre action en Valais." Mais l’application
de ce qui vient d’être accepté par le peuple valaisan n’entrera au mieux en
vigueur qu’au début 93.
La contribution financière des communes et de l’Etat constitue-t-elle le
début d’une mainmise de l’Etat sur l’Eglise? "Non, on n’est pas sur le chemin d’un lien entre l’Eglise et l’Etat en Valais. Il s’agit uniquement
d’une possibilité offerte aux Eglises de solliciter une aide, au niveau de
la commune ou de l’Etat, si elles n’arrivent pas par leurs propres moyens à
subvenir à leurs besoins. Il restera à définir ce que sont les propres moyens. Les 300’000 francs que nous recevons des comités de secours sont-ils
nos propres moyens ou non? Beaucoup de choses devront être encore définies
lors des prochaines discussions avec le Conseil d’Etat", conclut le pasteur
Follonier.(apic/spp/mp)