Le cardinal Schwery "à l’affiche"
Berne, 29novembre(APIC) "La discrimination à l’égard des malades du sida
est inconciliable avec l’évangile". Telle est la phrase qui accompagne le
portrait du cardinal Henri Schwery, évêque de Sion, sur les affiches de la
campagne contre le sida qui commence début décembre. La campagne "Stop sida" compte encourager la solidarité envers ceux qui sont atteints par la
maladie. La campagne regroupe des annonces dans la presse ainsi que cinq
affiches différentes. Dès le 1er décembre le piéton peut voir sur les placards publicitaires: Isis, une jeune femme séropositive, son ami et sa mère, avec le slogan: "Elle peut compter sur nous". Ou encore un mur, derrière ce mur: "Martine, 26 ans, malade du sida".
L’évêque de Sion, "notre cardinal" dans une campagne "Stop sida", n’estce pas inconvenant? A cette question, le Père Roland-B. Trauffer, secrétaire de la Conférence des évêques suisses, répond franchement: "Il est normal
que nous soyons partie prenante, en tant qu’Eglise, d’une telle campagne.
Il s’agit en effet de protéger les victimes d’une discrimination souvent
très cachée". Une discrimination parfois inconsciente. Et qui tire ses racines de la peur et qui peut se manifester de manière individuelle ou collective. Par exemple, dans les domaines du travail, des assurances ou des
caisses-maladie.
Pas de laissés-pour-compte
Nombreux sont ceux qui lient la problématique du sida avec les concepts
de péché ou de culpabilité. Mais l’Eglise ne veut pas exclure les personnes
atteintes du sida. La mission traditionnelle de l’Eglise est en faveur de
la solidarité. Voilà pourquoi nous avons donné aussi la parole "au cardinal
Schwery, a expliqué François Wasserfallen, coordinateur de la Campagne
"Stop sida".
Pour sa part, le Père Trauffer a relevé: "Nous nous sommes sentis responsables, car nous pensons que l’Eglise doit rester fidèle à ceux qui sont
exclus". Selon lui, le choix d’un homme d’Eglise pour la campagne est lié à
la présence visible de l’Eglise dans le monde.
L’Eglise catholique d’ailleurs s’est engagée, depuis le début de la campagne "Stop sida", il y a trois ans, à sensibiliser "l’opinion publique au
drame quotidien des personnes vivant avec cette maladie". Comme le dit le
communiqué qui présente la nouvelle étape de la campagne: "La discrimination de cette minorité représente une grave dégradation de la responsabilité sociale. Il n’y a que les solidarités individuelles et collectives qui
peuvent aider à réduire les effets de l’épidémie qui ne cesse de se répandre".
La campagne "Stop sida" ne veut pas seulement prévenir les infections du
virus, mais aussi encourager la solidarité des personnes en bonne santé envers ceux qui sont touchés par la maladie. Il est vrai qu’ avec cet aspect
de la campagne, l’Eglise se sent très motivée, a remarqué le Père Trauffer.
Mais, poursuit-il, "l’Eglise a certaines réticences lorsque la campagne
touche aux problèmes d’information et de prévention. Souvent la solution
présentée concerne les seuls préservatifs. Pour l’Eglise le problème est
alors double: la solution certes vient aussi par ces moyens mécaniques qui
ne sont pas d’ailleurs totalement sûrs, mais elle ne peut négliger pour autant les problèmes éthiques liés à la sexualité". (apic/gbr/ap)