Nouveau règlement ecclésiastique de l’Union (030990)
Plus besoin d’être baptisé pour participer à la sainte cène ?
Berne, 3septembre(APIC) Le baptême n’est plus une condition obligatoire
pour participer à la sainte cène réformée. C’est ce qui ressort du nouveau
règlement ecclésiastique de l’Eglise réformée évangélique de Berne et de
l’Union synodale Berne-Jura, qui devrait être adopté en deuxième lecture
lors de la session extraordinaire du Synode qui se déroulera du 10 au 12
septembre prochain à la salle du Grand Conseil de Berne.
L’article 34, alinéa 4, du nouveau règlement ecclésiastique dispose en
effet que "sont invités à la sainte cène tous ceux qui recherchent la communion avec Jésus-Christ". Cette formule est un compromis, pour répondre
aux voeux de la minorité jurassienne, et afin d’éviter des tensions oecuméniques, surtout du côté catholique. Originellement, l’article en question
disait simplement "Chacun est invité à la sainte cène", mais la députation
jurassienne avait tout de même pu faire préciser son contenu lors de la
session du synode de janvier dernier, pour éviter par exemple que des nonchrétiens soient invités à la communion. Elle soulignait en effet que "s’il
est vrai que l’Eglise doit être ouverte et tolérante, cela ne peut pas se
faire au détriment de la signification de ce qu’elle fait".
A l’instar des Eglises réformées du Valais, de Lucerne, de Zurich, d’Appenzell et des Grisons, les 200 députés de l’Union synodale Berne-Jura vont
donc ouvrir la porte de la communion aux non-baptisés, en supprimant dans
son nouveau règlement ecclésiastique le lien entre baptême et sainte cène.
Au cours d’une conférence de presse lundi à Berne pour présenter ce nouveau
règlement, le pasteur Klaus Bäumlin, rédacteur en chef du périodique "Sämann" et rédacteur du nouveau règlement, a expliqué les raisons de la suppression de ce lien.
Depuis qu’il y a quelques années, en effet, on a permis aux enfants de
participer à la sainte cène, de nombreux enfants non baptisés y prendraient
part. D’autre part, il y a de plus en plus de couples composés de personnes
de religions différentes - donc également des cas où le partenaire n’est
pas baptisé - qui participent à la sainte cène. Le gros de la communauté
qui célèbre la sainte cène est certes composé de baptisés, mais elle souhaite garder les portes ouvertes pour les hôtes qui veulent y participer
occasionnellement ou de façon répétée. Finalement, relève-t-il, on ne peut
déduire strictement du Nouveau Testament que le baptême est une condition
pour la participation à la sainte cène. Des théologiens connus, comme Kurt
Koch (catholique), de Lucerne, ou Lukas Vischer (réformé), de Berne,
craignent une dévalorisation du baptême et de la sainte cène.
La Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS) rappelait
quant à elle dans une circulaire datée du 16 janvier adressée à ses Eglises
membres qu’elle a signé en 1973 un accord de "reconnaissance mutuelle du
baptême" avec les Eglises catholique romaine et catholique chrétienne et
les invitait à ne pas faire "cavalier seul". La FEPS, dans sa circulaire du
16 janvier déclare que "si nous éveillons le soupçon de ne pas nous en tenir aux accords de 1973, cela signifie que nous ne serons plus considérés
comme des partenaires dignes de confiance dans le contexte oecuménique".
Selon le pasteur Werner Sutter, président de la Commission pour la révision du règlement ecclésiastique, la Communauté de travail des Eglises
chrétiennes du canton de Berne s’est occupée intensivement du thème "Sainte
cène sans baptême". Elle s’est finalement déclarée satisfaite du rajout :
"tous ceux qui recherchent la communion avec Jésus-Christ". (apic/be)