"Surmonter ensemble la peur de l’étranger"
Lucerne, 30mai(APIC) Les Suisses allemands sont moins bienveillants à
l’égard de l’étranger que les Romands. Le climat en Suisse envers les
étrangers s’est détérioré de façon considérable au cours de ces dernières
années. De récentes enquêtes le prouvent. Caritas Suisse y ajoute la sienne, et présente un document intitulé "ensemble, franchissons les frontières". But avoué de Caritas: susciter une réflexion et une discussion approfondie au sein des paroisses et des communautés chrétiennes.
Selon une analyse de l’Institut d’étude de marché Demoscope publiée peu
avant Pâques, en 1980, 61% des Suisses considéraient encore la présence des
étrangers en Suisse comme "très" ou "plutôt" positive. Aujourd’hui, ils ne
sont plus que 41% à être de cet avis. Il ressort que les Suisses allemands
sont moins bienveillants à l’égard des étrangers que les Romands (37% contre 57%). Autre constatation: chez les personnes âgées ainsi que chez les
très jeunes suisses, on relève une attitude particulièrement sceptique envers les étrangers puisque 39% et 37% respectivement seulement d’entre eux
ont une attitude positive.
S’interroger sur les causes
Il serait cependant faux et inutile de dénoncer cette évolution uniquement en se plaignant ou en émettant des jugements motalisateurs. C’est aussi l’avis défendu par le papier d’actualité publié récemment par Caritas:
"Ensemble, franchissons les frontières. La communauté chrétienne confrontée
à la xénophobie et à l’hostilité qui s’exerce à l’encontre des étrangers".
Au contraire, il faut prendre au sérieux le fait que la xénophobie et la
discrimination raciale existent et s’interroger sur leurs causes.
Il est vrai que les récentes agressions perpétrées contre des requérants
d’asile servent de point de départ à cette étude. Mais comme son titre le
suggère, elle vise une dimension plus fondamentale, celle des rapports généraux que nous entretenons avec les étrangers. Plus que sur la violence à
l’état brut, c’est sur le racisme de tous les jours - les commentaires au
bistrot, sur la place de travail et dans les administrations - que l’auteur
attire notre attention dans la première partie du document. Au moyen de réflexions sociologiques, il s’interroge sur les causes de la xénophobie et
de l’hostilité à l’encontre des étrangers.
Défi lancé aux paroisses
Le document de Caritas souligne cependant aussi que la problématique de
la xénophobie et du racisme interpelle tout spécialement les paroisses.
Celles-ci devraient se sentir concernées à plus forte raison, puisque
l’apôtre Paul a dit qu’il n’y a "Plus de juif ni de grec". La communauté
chrétienne doit donc abolir toute discrimination en raison de l’origine et
de la culture. La deuxième partie du document explique en détail comment
les paroisses peuvent satisfaire à cette exigence difficile.
Pour Caritas, il s’agit moins de proposer des recettes toutes faites que
de fixer certains repères et d’ouvrir des perspectives d’action. A ce propos, elle se laisse guider par deux convictions profondes: premièrement,
notre façon de vivre la foi détermine aussi nos relations avec les étrangers. Les chrétiens ne peuvent percevoir l’étranger sans crainte qu’en prenant conscience que la diversité des croyances est un enrichissment. Et,
deuxièmement, dans sa relation avec les étrangers, la paroisse pourrait
concrétiser la vision d’une nouvelle coexistence solidaire.(apic/ca/pr)
"Ensemble, franchissons les frontières. La communauté chrétienne confrontée à la xénophobie et à l’hostilité qui s’exerce à l’encontre des
étrangers" est disponible gratuitement auprès de Caritas Suisse, Service
d’information, 3, Löwenstrasse, 6002 Lucerne.