Nous avions donné dans notre édition du 21 novembre une nouvelle venant de
rectificatifs nécessaires.
Chine : décès du premier évêque chinois de Siwantze (231188)
Bruxelles, 23novembre(APIC/CIP) Mgr Melchior Chang K’o-hing, évêque de
Siwantze (Xiwanzi), figure de proue de l’Eglise catholique chinoise restée
fidèle à Rome - ce qui lui valu 36 années de détention - est décédé le 6
novembre à Süanwha (Xuanhua), dans la province de Hebei, au nord de la Chine. Il restait l’un des évêques nommés par Pie XII et ordonnés avec le consentement de Rome.
Originaire de Siwantze, Mgr Chang exerce un ministère en paroisse quand,
le 1er juillet 1949, un peu plus de dix ans après son ordination sacerdotale, il est arrêté une première fois par les communistes. Il passe alors 20
mois en prison. C’est le jour de la Fête-Dieu 1951, deux mois après sa
libération, que Mgr De Smedt, évêque de Siwantze, le sacre évêque et en
fait son auxiliaire. Mgr Chang lui succède le 24 novembre 1951.
Fidèle disciple de Mgr De Smedt, Mgr Chang est dès le départ un farouche
adversaire de l’Association Patriotique Chinoise (1957), l’Eglise catholique chinoise reconnue par les autorités de Pékin et qui a rompu tout lien
avec Rome, nommant ses évêques sans le consentement du Siège Apostolique.
Mgr Chang interdit à ses prêtres s’y participer. Il est libéré en mars
1985, après 36 années de prison et de camp de travail.
Depuis sa libération, Mgr Chang vivait chez sa soeur à Süanwha, ou de
nombreux chrétiens en visite en Chine ont essayé de se rendre, ce que l’Association patriotique leur a toujours refusé. Tout récemment encore, le 14
octobre 1988, un groupe de visiteurs belges, parmi lesquels des anciens
missionnaires en Chine et des journalistes, avaient tenté cette démarche,
faisant valoir des raisons humanitaires. Mgr Chang leur était bien connu,
et ils le savaient mourant. Ils se sont vu eux aussi opposer un refus par
la bouche de Liu Bainian, le responsable des relations extérieures de
l’Eglise patriotique.
Mgr Chang jouissait d’une grande estime de la part des prêtres et des
chrétiens chinois aux yeux desquels il apparaissait, après sa longue persécution, comme un symbole édifiant de fidélité au Siège Apostolique. Dès
qu’ils ont appris, en 1986, que l’évêque était atteint d’un cancer à
l’estomac, les chrétiens se sont toujours présentés spontanément pour lui
donner du sang. Suivant leurs coutumes, il lui ont offert il y a quelques
mois un magnifique cercueil, une manière de lui exprimer leur vénération.
Et cela fait plusieurs mois qu’ils ont aménagé sur une colline de Siwantze
un tombeau fait de milliers de pierres amenées depuis la vallée.
Mgr Chang avait beaucoup d’amis en Belgique. Il était en effet le premier évêque chinois de Siwantze, un diocèse créé par le Père Verbist,
prêtre du diocèse de Malines qui fonda en 1863 la congrégation des Missionnaires du Coeur Immaculé de Marie (ou Missionnaires de Scheut). Après ses
études et son ordination sacerdotale à Rome en 1939, il s’était rendu en
Belgique pour y visiter Scheut et les familles scheutistes. Et c’est encore
un scheutiste belge qui lui conféra l’ordination épiscopale. (apic/cip/bd)