Nomination de Mgr Wolfgang Haas (250590)
Soleure, 25mai(APIC) "Nous ne pouvons pas nous choisir dans la Conférence
des évêques, nous devons trouver un chemin de rencontre", a confié vendredi
à l’agence APIC Mgr Joseph Candolfi, président de la Conférence des évêques
suisses (CES), interrogé sur la nomination de Mgr Wolfgang Haas mardi comme
évêque de Coire. La confiance en leur évêque d’une grande partie des collaborateurs du diocèse et des fidèles est brisée, a-t-il ajouté. Mgr Haas a
succédé à Mgr Johannes Vonderach, dont la démission pour raison de santé a
été acceptée mardi par Rome.
La nomination de Mgr Haas est d’abord une question qui concerne le diocèse de Coire, a relevé Mgr Candolfi. Il ne faut pas, de l’extérieur, mettre de l’huile sur le feu, a-t-il ajouté, faisant allusion à la "manifestation de protestation internationale et oecuménique" fixée au 17 juin à
Coire. Mgr Haas a tendu la main pour une réconciliation, a-t-il affirmé.
Les vues théologiques et les projets pastoraux de Mgr Haas ne concordent
pas avec ceux des autres évêques, et d’abord des évêques de Suisse alémanique, mais il ne faut pas toujours parler de pluralité, il faut la vivre
soi-même, a constaté Mgr Candolfi. "En tout cas, nous allons aborder très
nettement ces problèmes lors de la prochaine Conférence des évêques dans
deux semaines, comme nous l’avons d’ailleurs toujours fait", a-t-il souligné. Comme pour les conseillers fédéraux, il faudrait laisser à Mgr Haas une
période de répit de 100 jours. Une redistribution des charges à l’intérieur
de la Conférence des évêques n’est pas nécessaire avant l’année prochaine,
année durant laquelle Mgr Candolfi terminera son mandat de président.
Interrogé sur l’engagement des théologiens laïcs, Mgr Candolfi a déclaré
qu’il était réglé par une "ratio nationalis" (directives nationales), discutée il y a deux ans. Un changement dans la pratique en vigueur jusqu’ici
en Suisse doit être discutée par la CES. Il n’est pas logique d’appliquer
des modèles pastoraux différents dans les diocèses, car les prêtres et les
assistants pastoraux franchissent souvent les frontières des diocèses pour
accomplir leur travail pastoral. De grandes déclarations ont été faites à
Coire sur le sacrement du pardon avec absolution collective, mais dans la
pratique on a agi comme dans le diocèse de Bâle. Il faut attendre pour voir
comment la situation va évoluer.
"Je ne voudrais pas devenir évêque contre la volonté des fidèles"
Mgr Candolfi aurait salué le fait que Mgr Haas renonce à son droit de
succession. Ainsi il aurait pu gagner dans deux ou trois ans la confiance
d’une majorité dans le diocèse, comme Mgr Mamie après sa nomination comme
évêque auxiliaire du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg en 1968. "Dans
ces circonstances et contre la volonté d’un grand nombre de prêtres, de
laïcs engagés et de catholiques influents dans la politique et dans l’économie, je n’aurais pas voulu devenir évêque", a déclaré Mgr Candolfi, le
premier des deux évêques auxiliaires du diocèse de Bâle.
Lors de l’audience qu’il a eue avec Jean Paul II le 12 janvier dernier à
Rome, Mgr Candolfi lui a longuement expliqué la situation dans le diocèse
de Coire et en Suisse. "Jean Paul II m’a promis qu’il s’engagerait auprès
de la Congrégation pour les Evêques pour qu’une bonne solution soit trouvée", a souligné Mgr Candolfi, qui n’a plus rien entendu jusqu’à la nomination surprenante de Mgr Haas. Le président de la CES s’est dit certain que
Mgr Vonderach n’avait pas encore présenté sa démission, mais qu’il l’avait
probablement fait lors de son voyage à Rome fin février début mars. (apicra/cor)