Franz Stampfli analyse dans "Die Furche" les relations avec Mgr Haas
Zurich, 7août(APIC) Dans une interview accordée à l’hebdomadaire catholique viennois "die Furche", le chanoine Franz Stampfli, collaborateur du vicariat général de Zurich décrit l’évolution récente des relations dans le
diocèse de Coire. Si la nomination qu’il espère prochaine d’un administrateur apostolique à Zurich permettra d’apaiser les tensions, la crise ne sera pas résolue pour autant, tant Mgr Haas lui paraît fermé à tout dialogue.
Mgr Haas se rattache à la Tradition, explique Franz Stampfli, mais pour
lui la Tradition remonte seulement au milieu du XIXè siècle. Il ignore complètment la tradition antérieure. C’est une des causes du conflit autour de
sa personne. Le prêtre zurichois croit en outre qu’il est exclu que les
gens changent leur position vis à vis de Mgr Haas.
Beaucoup de catholiques qui ont quitté l’Eglise disent que depuis longtemps ils ne se sentaient plus à l’aise dans cette institution, mais que
les tensions actuelles ont finalement fait déborder le vase. Au début Mgr
Haas pouvait penser: ’laissons les donc partir, ils ne sont de toute façon
plus catholiques’. Aujourd’hui on assiste à une seconde phase: des amis de
Mgr Haas quittent l’Eglise parce que la collectivité ecclésiastique cantonale de Zurich ne paie plus ses contributions à l’évêché de Coire. Ils ne
veulent payer leurs impôts ecclésiastiques, parce que nous ne versons plus
la part réservée à l’évêque. Ce boycott, explique le chanoine Stampfli, est
une mesure ultime parce que Mgr Haas est devenu totalement incapable de
dialoguer. Il se comporte "comme un enfant autiste qui ne réagit plus du
tout aux interpellations de l’extérieur".
Pas de diocèse à Zurich avant l’an 2’000
Franz Stampfli n’estime pas possible la création d’un diocèse à Zurich
avant l’an 2’000 parce que le préavis de la Confédération est nécessaire et
que les mentalités n’ont pas encore assez évolué. Mais il rapelle qu’en
1819, lors de la division du diocèse de Constance, on avait nommé un administrateur apostolique et que seul le canton de Schwyz a été rattaché formellement à l’évêché de Coire. Après la mort du premier administrateur
apostolique, le poste est resté vacant puis a été repris par l’évêque de
Coire. La nomination d’un administrateur apostolique ne pose donc aucun
problème à propos des relations avec l’Etat.
Le nom de Franz Stampfli avait été avancé par certains pour ce poste
d’administrateur apostolique. Lui-même estime qu’il vaudrait mieux choisir
quelqu’un qui n’a pas été aussi engagé que lui dans le conflit.
A propos des relations avec les protestants, Franz Stampfli constate que
la ligne de fracture ne passe plus entre catholiques et protestants, mais
entre une tendance ouverte et une tendance fondamentaliste à l’intérieur de
chaque confession. Paradoxalement l’affaire Haas a permis de renforcer la
solidarité au sein du clergé et entre les chrétiens, reconnaît enfin Franz
Stampfli. (apic/mp)