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    La joyeuse nouvelle de Noël vainc le désespoir © Pixabay.com

    "Noël est la seule nouveauté sous le soleil", note le P. Cantalamessa

    À la veille de Noël, "nous devons retrouver le sens premier et simple de l’incarnation du Verbe", a fait observer le cardinal Raniero Cantalamessa lors de sa troisième et dernière méditation de l’Avent tenue dans la salle Paul VI, en présence du pape et de plusieurs membres de la Curie romaine, le 18 décembre 2020.

    Le prédicateur de la Maison pontificale a invité les chrétiens à méditer sur le mystère de l’incarnation à la veille de Noël, "l’unique chose nouvelle sous le soleil" a-t-il précisé, empruntant une formule de Jean Damascène commentant le fameux verset du livre biblique de l'Ecclésiaste "Rien de nouveau sous le soleil".

    Après avoir médité lors de sa précédente catéchèse sur la foi dans l’au-delà, le cardinal Cantalamessa a interrogé le mystère de Noël, c’est-à-dire l’incarnation du Verbe. Mettant de côté "toutes les explications théologiques et les dogmes construits sur celles-ci", le prédicateur a rappelé le caractère à la fois extraordinaire et simple de cet évènement par lequel "Dieu est venu habiter au milieu de nous" et dont le Christ a fait son nom propre: "Emmanuel".

    "Nous devons retrouver le sens premier et simple de l’incarnation du Verbe", a déclaré le nouveau cardinal. Que le fils de Dieu soit descendu sur terre et se soit fait homme est la plus grande nouveauté imaginable, "l’unique chose nouvelle sous le soleil" selon Jean Damascène. Pour mieux comprendre le mystère de Noël, le prédicateur invite à remonter dans le temps pour saisir le paradoxe et le scandale de l’affirmation johannique : "Et le Verbe s’est fait chair".

    "Noël est la fête de l’humilité de Dieu"

    Peu après son apparition, l’Église a connu de grandes controverses avant les conciles d’Éphèse et de Chalcédoine, à propos de la double nature du Christ: humaine et divine. Que Dieu ait emprunté une chair similaire à la nôtre n’a rien d’évident, rappelle le cardinal: c’est folie pour les païens et scandale pour les Juifs d’imaginer que Dieu puisse se mêler à l’homme. Pourtant Dieu est bien venu au milieu de nous: il a même "planté sa tente" parmi nous, fait remarquer le cardinal à propos de l’étymologie de eskenosen dans le prologue de saint Jean.

    Comment comprendre l’incarnation du Verbe? Le cardinal cite saint Augustin en guise de réponse : "N’étant pas humble, je ne comprenais pas l’humilité de Dieu". "L’humilité fournit la clé pour comprendre l’incarnation", poursuit le prédicateur: Dieu a caché les mystères aux sages et aux intelligents et les a révélés aux petits enfants. "Toute l’histoire de l’incrédulité humaine est expliquée par ces paroles de Jésus", commente le cardinal.

    L’humilité ne signifie pas être petit ou se proclamer petit, précise le cardinal, mais "se faire petit par amour pour élever les autres". Tel est le mystère de Noël, "fête de l’humilité de Dieu". Le fils de Dieu s’humilie en se faisant obéissant jusqu’à la mort. "Regardez, frères, l’humilité de Dieu", exhorte le cardinal en citant saint François.

    L’Église, corps mystique du Christ

    Au temps de Jean-Baptiste, dernier prophète avant Jésus et premier acteur de l’évangélisation, ce qui posait problème était le corps physique du Christ. Aujourd’hui, remarque le cardinal, c’est davantage son corps mystique, l’Église, qui fait des difficultés lorsqu’elle crée des scandales. Or l’Église est semblable à l’humanité, "elle n’exclut pas non plus le péché", commente le prédicateur.

    En plus du "Ceci est mon corps" commémoré dans l’Eucharistie, le Christ demeure présente dans le corps des pauvres, explique le cardinal, à l’aune de la phrase évangélique : "Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait". L’Église doit être une Église des pauvres, ce qu’elle est de plus en plus devenue sous l’influence des derniers pontifes, et notamment du pape François, le "père des pauvres", ajoute le cardinal.

    Dieu n’est pas seulement venu une fois à Bethléem, il vient personnellement à chaque instant visiter l’âme de chacun. Aussi le prédicateur rappelle-t-il, en ces temps de restrictions et de confinement, qu’"on ne rencontre pas Dieu seulement en allant à l’église". On peut s’entretenir personnellement avec Jésus en esprit et en vérité chez soi, au bureau. "Le Verbe divin veut répéter dans tous les hommes le mystère de son incarnation", conclut le cardinal en emprunter les mots de saint Maxime le confesseur.

    Humanité et divinité du Christ

    Depuis que "le Verbe s’est fait chair", Dieu est avec nous pour toujours et jusqu’à la fin des temps : tel est "l’objet central de la prophétie chrétienne", selon le cardinal. Il y a une donc différence, poursuit le cardinal, entre le "fait de l’incarnation" et le "mode d’être" du Christ, c’est-à-dire entre sa dimension ontologique et sa dimension existentielle.

    Dans nos vies, il est donc important de savoir surtout "quel type d’homme Dieu s’est fait". À cet égard, saint Jean et saint Paul décrivent l’incarnation de façon différente. Chez l’évangéliste, le Verbe, qui est Dieu, s’est fait chair. Chez l’apôtre, le Christ, étant de nature divine, a assumé la forme d’un serviteur. De riche qu’il était, il s’est fait pauvre. Pauvreté et humilité sont donc essentielles pour comprendre et vivre le mystère divin, conclut le cardinal. (cath.ch/imedia/mp)

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