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    Sommaire

    No 190 - Lundi 9 juillet 2001

    page:

    Nouvelles internationales:

    Cameroun:Face à la recrudescence du banditisme, la "justice populaire"

    refait surface

    Délinquants lynchés, l’Eglise dénonce l’absence de l’Etat2

    Ukraine:La visite de Jean Paul II laissera des traces

    L’ambassadeur d’Ukraine au Vatican s’en réjouit4

    Etats-Unis:Le chapitre général des Dominicains va élire

    le successeur du Père Radcliffe5

    Guatemala:Le quatrième pays "exportateur" d’enfants6

    Philippines:Arrestation d’un leader du groupe "Abu Sayyaf"7

    Maroc:Lutte pour les droits de la femme

    Caravane de sensibilisation dans le pays profond7

    Angola:L’Eglise est prête à jouer la médiation dans le conflit armé

    Si le Gouvernement et l’UNITA se mettent d’accord9

    Congo RDC:Près de 400 "envoûteurs" massacrés10

    France:Grand braquet pour la pastorale du tourisme dans le Tour de France

    Les évêques de Lille au prologue contre la montre10

    Etats-Unis:Le Vatican intervient dans la rénovation de la cathédrale de Milwaukee

    Rome ordonne la modification du projet de Mgr Rembert Weakland11

    Nouvelles suisses:

    Fribourg:Les occupants de l’église Saint-Paul poursuivent leur action

    Les sans papiers se donnent un visage: liste nominative publiée3

    Vatican:

    Rome:L’archevêque apostat E. Milingo continue de célébrer la messe

    Ses photos de mariage sur son nouveau site internet8

    Rome:Cor Unum lance un appel de fonds pour "Populorum progressio"11

    Cameroun: Face à la recrudescence du banditisme, la "justice populaire" refait surface

    Délinquants lynchés, l’Eglise dénonce l’absence de l’Etat

    De notre correspondant au Cameroun, Martin Luther Mbita

    Douala, 9 juillet 2001 (APIC) Face à la recrudescence du banditisme et à l’impuissance de la police au Cameroun, la "justice populaire" refait surface. On ne compte plus les lynchages et les bastonnades à mort des délinquants. L’Eglise catholique dénonce l’absence de l’Etat qui ne protège pas ses citoyens et sa démission face aux exécutions extrajudiciaires et à la privatisation de la justice par des populations excédées par la brutalité des bandes armées.

    La police et la gendarmerie ont montré leurs limites dans le maintien de l’ordre et la sécurité des citoyens. Le Commandement Opérationnel (CO), force mise sur pied par le gouvernement camerounais pour combattre la grande criminalité à Douala, s’est illustré par de nombreuses exactions.

    L’accalmie passagère de la criminalité, due à l’action peu reluisante du CO qui traquait les bandits et les exécutait systématiquement sans aucune forme de procès, est déjà oubliée. Après l’affaire des neuf disparus de Bépanda, qui avait suscité une vague d’indignation et la dénonciation du CO, cet "état d’exception" a été levé de manière officieuse. Conséquence: la grande criminalité a repris dans les villes de Yaoundé et Douala. La population de Douala, abandonnée à elle-même, malmenée par les malfrats, a décidé de "se faire justice".

    Des bandes extrêmement violentes

    Les différents quartiers de la capitale économique du Cameroun se sont organisés en comités d’autodéfense pour mieux faire face aux bandes revenues en force. Il ne se passe plus un seul jour sans que l’on enregistre des cas d’agressions, de viol et de vol. Une diplomate travaillant pour le compte du CICR à Yaoundé vient d’être froidement abattu par les malfrats. Un autre expatrié, diplomate - toujours à Yaoundé - a été poignardé il y a quelques jours par les bandits et sa femme a été exécutée devant lui par le même gang.

    A Douala, aidés par la saison pluvieuse de plus en plus intense, les bandits débarquent de nuit au domicile des victimes, armes au poing. Malheur à ceux qui résistent. Dès leur entrée, ils demandent aux femmes de se mettre d’un côté et les hommes de l’autre. Sous les regards des membres de la famille, ils violent les femmes avant de s’attaquer aux hommes. Ceux qui font mine de s’opposer risquent d’être abattus ou blessés. Plus grave encore, pour extorquer les biens cachés, ils emploient désormais la torture du fer à repasser chaud appliqué sur le ventre et les parties génitales.

    Ras le bol de la population: impuissance de la police et justice sommaire

    Emmanuel Kamdem, habitant dans un quartier de Douala porte les séquelles de ces malfaiteurs sans scrupules. Ses deux filles ont été violées, sa femme froidement abattue par des drogués. Lui-même s’est vu sectionner le pouce. Auparavant, à l’aide de son portable, il a alerté un commissariat de la place, qui n’a pas bougé: il ne disposait pas assez d’éléments. Un autre commissariat n’avait plus aucun véhicule. Face à cette situation, les populations de son quartier se sont mobilisées après cette agression et les premières victimes sont tombées. Un jeune garçon, surpris en train de voler une antenne parabolique, a été bastonné par la foule en colère jusqu’à ce que mort s’ensuive. Un autre qui voulait casser une boutique a été passé au supplice du collier, brûlé vif. Ce retour en force de la justice populaire suscite de vives polémiques au Cameroun.

    L’Eglise dénonce les lynchages

    "Nul n’a le droit de se faire justice lui-même", dénonce un prêtre de l’archidiocèse de Douala. Mais que faire lorsque vous avez affaire à une police corrompue qui libère les braqueurs pour quelques francs CFA ou une bière? L’Eglise catholique du Cameroun considère cependant que la justice populaire crée des criminels. Le Décalogue - car "tu ne tueras point" - prescrit de s’abstenir d’attenter à la vie humaine qui doit demeurer intangible. La justice populaire, conséquence de la généralisation de la violence désormais exercée par tout un chacun, met en lumière l’irresponsabilité de l’Etat et même son absence. Un Etat responsable devrait compter sur la collaboration des citoyens au lieu de les abandonner à eux-mêmes en leur demandant de se constituer en groupes d’autodéfense pour assurer leur sécurité. La justice populaire instituée implicitement à la suite de la démission de l’Etat, crée, point de vue de l’Eglise catholique, des criminels qui ne l’auraient jamais été si l’Etat restait fidèle à sa mission. (apic/mbt/be)

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