Nigeria: les évêques se félicitent de la volonté (010389)
Lagos, 1er mars(APIC/CIP) Il n’est pas question de faire de l’Islam une
religion d’Etat au Nigeria: c’est l’assurance donnée par le président Ibrahim Babangida dans un message adressé aux évêques catholiques à l’occasion
de leur assemblée plénière tenue en février à Lagos. L’épiscopat vient à
son tour d’écrire au président pour lui exprimer sa satisfaction.
Dans sa réponse au message présidentiel, le secrétaire du Département
des communications sociales de la Conférence épiscopale, Peter Adeyemi, se
félicite, au nom de l’épiscopat, de la volonté du gouvernement de faire en
sorte de ne pas imposer une religion d’Etat aux Nigériens et de ne favoriser aucune religion.
La lettre souligne en outre que les chrétiens contribuent au bien-être
spirituel, mais également matériel du pays, comme l’invite le chef de
l’Etat. Elle énumère les services rendus par l’Eglise à la société, à travers son réseau scolaire, ses écoles maternelles, les centres sociaux et de
formation, ses activités caritatives.
Les évêques adressent également au général Babangida une requête: que
les missionnaires puissent entrer au Nigeria et obtenir des visas pour un
séjour permanent. Mgr Anthony Olubunmi Okogie, archevêque de Lagos et
président de la Conférence épiscopale, a réclamé à ce sujet la suppression
de l’impôt imposé à l’Eglise pour chaque missionnaire présent dans le pays.
Le Nigeria, ou la cohabitation des musulmans et des chrétiens est difficile, compte plus de 100 millions d’habitants - ce qui en fait l’Etat le
plus peuplé de l’Afrique -, dont 45% de musulmans et 38% de chrétiens. Les
catholiques sont plus de 3 millions. Les chrétiens du Nigéria, pays qui est
l’un des 48 membres de la Conférence Islamique (janvier 1986), craignent la
poussée intégriste et l’extension de la charia (la loi islamique).
Une grave agitation avait du reste secoué le pays en mars 1987, suite à
quelques propos tenus par un ancien musulman converti au christianisme.
Quelque 130 églises furent détruites au cours de ces troubles. Le général
Babangida, qui avait vu dans les émeutes du printemps 1987 "l’équivalent
civil d’une tentative de coup d’Etat", avait déjà à cette occasion souligné
la menace pour l’unité de la Fédération (laïque) nigérienne que représente
la volonté d’islamisation manifestée par les intégristes. (apic/cip/jt/pr)