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    Violences intercommunautaires, déjà une centaine de morts

    Nigeria: Destruction d’églises, l’archevêque anglican met en garde contre des représailles

    Maiduguri, 23 février 2006 (Apic) Alors que les violences intercommunautaires ont déjà causé la mort d’une centaine de personnes, le président de l’Association chrétienne du Nigeria (CAN), l’archevêque anglican Peter Jasper Akinola a averti que des représailles semblaient inévitables après les violences contre les chrétiens.

    Durant toute la journée de mercredi, la localité nigériane d’Onitsha, dans l’Etat méridional d’Anambra, au sud du pays, a été le théâtre de violences qui ont fait plusieurs dizaines de morts. Ce sont les musulmans, surtout membres de la minorité des Haoussas, qui ont été pris pour cible dans cette région à majorité chrétienne, suite aux incidents sanglants dans le Nord à majorité musulmane.

    Des responsables chrétiens du Nigeria ont condamné l’assassinat d’au moins 51 chrétiens et la destruction de plus de 31 églises dans le Nord du pays par des musulmans lors de manifestations provoquées par la publication de caricatures du prophète Mahomet dans des journaux occidentaux.

    Les violences ont commencé le 18 février dans les villes de Maiduguri et de Kasina et se sont ensuite étendues aux villes de Bauchi deux jours plus tard et de Gombe le 22 février, prenant d’abord les églises comme cibles. Mais des mosquées ont été incendiées lors d’opérations de représailles de chrétiens, et les responsables religieux ont mis en garde contre une escalade de la violence.

    Des extrémistes religieux soutenus par des musulmans influents

    "Depuis longtemps nous assistons impuissants aux assassinats, aux mutilations de chrétiens et à la destruction de leurs biens par des fanatiques et fondamentalistes musulmans à la moindre provocation, voire même sans provocation", a déploré l’archevêque Akinola à Nnewi, dans le Sud-Est du pays. "Nous sommes bien conscients du fait que ces extrémistes religieux ont le soutien et l’appui de certains musulmans influents qui devraient apprendre la valeur de la coexistence pacifique."

    Une volonté d’islamiser le Nigeria

    "Le Nigéria appartient à nous tous - chrétiens, musulmans et membres d’autres religions. Aucune tentative intimidation ne peut changer l’arrangement mis en place depuis longtemps dans cette nation. La CAN pourrait ne plus être capable de contenir nos jeunes devenus nerveux si cette mauvaise tendance se poursuivait", a-t-il poursuivi. L’archevêque Akinola a relevé que le fait qu’un incident "au Danemark lointain, qui ne prétend pas représenter le christianisme" peut déclencher une réaction dramatique au Nigeria et entraîner la destruction d’églises chrétiennes est "non seulement embarrassant, mais aussi préoccupant et regrettable".

    A ses yeux, les sacrifices des chrétiens au Nigeria qui aspirent à la coexistence pacifique avec les musulmans ont été mal compris. "Ce n’est même plus un fait caché qu’un dessein ancien de faire du Nigeria une nation islamique a été poursuivi subrepticement", a-t-il déploré.

    "La volonté des musulmans de s’en prendre violemment à des chrétiens innocents a en fait comme objectif la concrétisation de leurs rêves." Environ 50% des 129 millions d’habitants du Nigeria sont musulmans, et 40% sont chrétiens. (apic/misna/eni/be)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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