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    Manifestation annoncée après la prière du vendredi

    Niger: Le gouvernement suspend le plus influent chef religieux

    Niamey, 29 juin 2001 (APIC) Le gouvernement nigérien a suspendu les activités du chef coutumier et religieux le plus influent du pays, El hadj Aboubacar Oumarou Sanda pour cause de poursuite judiciaire. Il l’accuse d’association de malfaiteurs, de complicité d’escroquerie, de trafic de fausse monnaie. Cette décision a choqué la population, composée à 98% de musulmans sur environ huit millions d’habitants. Une manifestation contre cette mesure est annoncée ce vendredi 29 juin après la prière.

    Une décision du ministre de l’Intérieur lue à la radio et à la télévision nationales, ordonne au préfet et au secrétaire général de gérer les affaires courantes, en attendant la fin de la procédure judiciaire engagée contre le chef religieux. Sultan de la région de Zinder (à l’est) et président des chefs traditionnels du Niger, El hadj Aboubacar Oumarou Sanda avait jusqu’ici pouvoir sur plus de deux millions de personnes. Il était la plus haute autorité territoriale et islamique de la province du Damagaram, limitrophe de deux Etats semi-autonomes du Nigeria. Ceux de Kano et Katsina (nord de la fédération) qui ont appliquent depuis l’année dernière la charia ou loi islamique.

    Ses partisans se sont déclarés "indignés" par la décision administrative qu’ils qualifient "d’humiliation". Le ministre de l’Intérieur a justifié sa décision par l’application d’un article 35 du statut général de la chefferie traditionnelle. Cette disposition stipule notamment qu’"un chef traditionnel faisant l’objet d’une poursuite judiciaire pour crime ou délit, sera suspendu de ses fonctions. S’il est lavé de tout soupçon, il sera réintégré dans ses fonctions".

    "Complot savamment orchestré contre le sultan"

    Cet argument officiel n’a pas convaincu les partisans du dignitaire. Ces derniers ont dénoncé "le complot savamment orchestré contre la personnalité du sultan". Par deux fois, depuis le début de l’instruction judiciaire, le 14 juin dernier, ils ont tenté de manifester, mais l’administration de Zinder les en a empêchés. Elle a renforcé les patrouilles de police dans les rues de la ville. Malgré ce dispositif de sécurité, les partisans ont exprimé leur détermination à remettre sur selle leur dirigeant.

    El hadj Aboucar Oumarou Sanda avait été dénoncé auprès du président Mamadou Tandia par ses propres frères. Depuis, la gendarmerie nationale a été chargée de mener une enquête sur les faits qui lui sont reprochés. (apic/ibc/bb)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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