Niger: Catastrophe aérienne dans le désert du Ténéré (200989)
Fribourg/Lucerne, 20septembre(APIC) Parmi les 171 personnes portées disparues à la suite de l’explosion mardi après-midi dans le désert du Ténéré
au Niger d’un DC-10 de la compagnie française UTA se trouvent deux capucins
suisses, le Père Gervais Aeby, 65 ans, provincial des capucins de Suisse,
d’origine fribourgeoise et Mgr Gabriel Balet, 59 ans, évêque de Moundou au
Tchad, d’origine valaisane.
L’évêque missionnaire Gabriel Balet, de Grimisuat (VS), dirigeait depuis
1985 le diocèse de Moundou, dans le Sud du Tchad, pays où il travaillait
pastoralement depuis 16 ans. Mgr Balet se voulait la "voix des pauvres et
des exploités" et avait le souci de promouvoir la réconciliation dans une
région qui a été ravagée par la guerre civile, la sécheresse et la faim.
Mgr Balet : l’engagement des laïcs au coeur
Délégué de la Conférence des évêques du Tchad au Synode sur les laïcs en
octobre 1987, Mgr Balet avait plaidé pour un rôle accru des laïcs et souligné que les communautés ne pouvaient exister et croître sans qu’ils prennent en charge la pastorale et les projets de développement. Mgr Balet se
rendait justement en Suisse pour visiter les oeuvres d’entraide - notamment
Caritas et l’Action de Carême - qui soutiennent des projets de développement dans cette région deshéritée.
Grâce à la foi active des laïcs, avait-il souligné, surtout dans les zones interdites aux étrangers, des communautés chrétiennes ont grandi en
nombre et en approfondissement spirituel. Cela a permis aux laïcs de prendre conscience qu’ils n’étaient plus responsables devant des prêtres et des
religieuses - étrangers pour la plupart - mais bien devant leur propre
communauté. "Heureuse décléricalisation!", avait-il lancé.
L’ordination d’hommes mariés
En marge du Synode, il avait déclaré à la presse qu’il souhaitait l’ordination sacerdotale pour des hommes mariés. De cette façon seulement,
avait-il précisé, on pourra apporter les "moyens de salut" aux fidèles dans
des pays comme le Tchad, où les communautés ne peuvent célébrer l’eucharistie autour d’un prêtre qu’une ou deux fois par an. Pour ceux qui le connaissent, Mgr Balet était un homme de contact, un capucin près du peuple,
toujours accessible.
Né en 1930 à Grimisuat, il était entré chez les capucins en 1950. Après
ses études, il a enseigné à St-Maurice et a été directeur du Foyer franciscain (ancien scolasticat). C’est en en 1973 qu’il est parti comme missionnaire au Tchad.
Le Père Gervais : un homme franc et direct
Originaire de St-Ursen (FR), le P. Gervais Aeby est né en 1924 et il a
passé son enfance à Lovens, dans la campagne fribourgeoise. Il est entré
chez les capucins à Lucerne à l’âge de 20 ans. Après ses études, il a enseigné à l’Université et à l’Ecole de la Foi, à Fribourg. En 1972, il a été
nommé administrateur apostolique du diocèse de Victoria, aux Seychelles.
Trois ans plus tard, il a été chargé d’enseigner la théologie à l’Ile Maurice, dans l’Océan Indien. Après son retour en Suisse, il est devenu supérieur du couvent des capucins à Fribourg.
Pendant 7 ans, il a été supérieur régional des capucins de Suisse romande. A partir de 1986, il était provincial des capucins suisses, un ordre
religieux qui compte quelque 470 membres dans notre pays, dont une centaine
en Suisse romande. Il a été confirmé dans sa charge pour un nouveau mandat
de trois ans en juillet dernier. Le Père Aeby était également le responsable principal de la formation des jeunes capucins, et des 70 missionnaires
de sa province.
Le capucin fribourgeois était encore supérieur régulier pour le couvent
des capucines de Donia, au Tchad, une fondation (en 1965) du couvent des
capucines de Montorge, à Fribourg. Ces dernières semaines, il avait visité
le couvent de Donia et trois de ses confrères missionnaires au Tchad, et il
était attendu à l’aéroport de Kloten mardi soir. De contact franc et direct, le Père Gervais Aeby avait au coeur, de par sa tradition franciscaine, le souci de la justice et de la paix. (apic/wlu/be)